Rapport de l’ANSES sur le vapotage : une balance bénéfice-risque favorable
L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) a publié ce 4 février 2026 sa première expertise dédiée aux risques sanitaires liés au vapotage. Une synthèse complète et étayée qui vient conforter les constats formulés depuis plusieurs années par les professionnels de l’addictologie.
La vape : un produit non anodin mais beaucoup moins risqué que le tabac
Le rapport rappelle un point essentiel : la vape n’est pas un produit inoffensif. L’inhalation répétée de certaines substances peut exposer les vapoteurs à des effets cardiovasculaires, respiratoires ou cancérigènes, y compris en l’absence de nicotine. Pour autant, la comparaison avec le tabac est sans appel : vapoter est infiniment moins dangereux que le tabac fumé.
Contrairement à la cigarette, il n’y a pas de combustion, donc pas de monoxyde de carbone ni de particules solides issues de la fumée. Les vapoteurs sont ainsi beaucoup moins exposés aux substances chimiques les plus nocives. Un enjeu majeur de santé publique, alors que le tabac reste responsable de 75 000 décès par an en France.
Un outil qui touche sa population cible
Autre enseignement majeur du rapport : le vapotage est très largement utilisé par des fumeurs ou d’anciens fumeurs. Selon les données analysées par l’Anses, 98 % des vapoteurs adultes ont un passé tabagique.
Pour la Fédération Addiction, ce chiffre est déterminant car cela montre que le vapotage est utilisé à bon escient, comme un outil de sevrage et de réduction des risques. La vape répond bien à l’objectif de diminution des dommages liés au tabac.
Une efficacité reconnue dans le sevrage tabagique
L’efficacité du vapotage pour arrêter de fumer est aujourd’hui documentée scientifiquement. Une revue de la collaboration Cochrane a montré que vapoter pouvait être plus efficace que les traitements de substitution nicotinique classiques (patchs, gommes), notamment lorsque cela est associé à un accompagnement.
Pour la Fédération Addiction, dans les consultations d’addictologie, la stratégie de sevrage doit être adaptée aux besoins, aux peurs et à la motivation de chaque personne. Lorsque l’arrêt complet est trop difficile, la réduction des risques devient une étape clé. Et si l’usage de la vape peut alors être transitoire, il constitue aussi, pour certains ex-fumeurs, un moyen efficace de prévenir les rechutes.
Une réglementation française très restrictive
Le rapport de l’ANSES s’inscrit dans un contexte français marqué par une forte prudence des pouvoirs publics. Par crainte d’une banalisation, le vapotage a été largement assimilé au tabac : interdiction dans de nombreux espaces publics, y compris dans certaines enceintes hospitalières.
Il n’existe pourtant aucune preuve de vapotage passif et le Haut Conseil de la santé publique a, en 2022, recommandé le vapotage comme outil de sevrage pour les publics précaires, aujourd’hui majoritaires parmi les fumeurs. À l’inverse, des pays comme l’Angleterre ont fait le choix d’intégrer pleinement le vapotage dans leur stratégie de santé publique.
Jeunes et non-fumeurs : renforcer les interdits protecteurs
L’ANSES alerte néanmoins sur l’usage chez les jeunes : environ un tiers des vapoteurs adolescents n’auraient jamais fumé de tabac. Un point de vigilance partagé par la Fédération Addiction, qui insiste sur la nécessité de mieux appliquer les règles existantes. Le vrai enjeu est en effet de renforcer les interdits protecteurs : encadrement du marketing, restriction des lieux de vente, application stricte de l’interdiction de vente aux mineurs.
Réduction des risques et prévention : un équilibre à construire
Pour la Fédération Addiction, le rapport de l’ANSES met en lumière un équilibre essentiel : ne pas encourager le vapotage chez les non-fumeurs tout en reconnaissant pleinement son intérêt pour les personnes qui fument. Une approche pragmatique, centrée sur la réduction des risques, qui replace la santé publique et l’accompagnement des usagers au cœur des politiques de lutte contre le tabagisme.
Télécharger l'avis de l'ANSES sur le vapotage