Femmes et chemsex, la grande inconnue
Ce texte a été écrit par Fred Bladou, militant de la prévention contre le VIH, les hépatites et les IST, et Murel Grégoire, psychiatre-addictologue, membre du conseil d’administration de la Fédération Addiction et engagée de longue date sur ces questions. Il a d’abord été publié dans les blogs de Mediapart et est reproduit ici avec leur autorisation.
Un peu d’histoire
Depuis près de 15 années, la docteure Muriel Grégoire (psychiatre-addictologue) et moi (prévention VIH/hépatites/IST) nous sommes rencontrés de manière fortuite car quelques petits groupes de personnes gays chemsexeuses ont exprimé un besoin d’accompagnement en santé mentale, en prévention ou en soutien.
Nous travaillons, depuis cette époque, en grande proximité et en réseau avec d’autres professionnels, sur la base d’échanges constants sur les pratiques, les nouveaux produits en circulation, les tendances, les innovations dans l’accompagnement et la prise en charge en réponse à cette pratique nouvelle (plus si nouvelle que ça au final) d’usage de drogues en contexte sexuel répondant à des rituels très spécifiques tels que le sexe en groupe, l’injection par voie intraveineuse de NPS (nouveaux produits de synthèse/cathinones), de consommation problématique de GBL mais également sur le marché et nouveaux modes d’approvisionnement des produits illicites via internet…
Ainsi un groupe de primo-consommateurs presque inconnus jusqu’alors (même si l’usage de drogues en contexte sexuel existait bel et bien sous d’autres formes) est apparu soudainement à l’instar des pays anglo-saxons.
Nous avons dû réfléchir, théoriser, analyser, comprendre avec des chercheurs, des acteurs en santé communautaire, des médecins (dont les infectiologues directement concernés), des sociologues et identifier les déterminants, les motivations, les pratiques, les risques associés éventuels et ainsi, à partir de nombreux constats cliniques et travaux de recherche, nous avons pu identifier des caractéristiques communes à ces usagers et surtout, construire, avec eux, une stratégie d’accompagnement et de prise en charge pluri-disciplinaire reposant sur trois piliers (prévention sexuelle, réduction des risques drogues et orientation vers le(s) soin(s).
C’est quoi le chemsex et qui sont donc ces mystérieux chemsexeurs ?
Le chemsex est une pratique communautaire. Les termes inventés et employés par les premiers concernés sont communautaires et très fortement marqués « gay » comme le besoin impérieux de créer une identification langagière spécifique comme mode de reconnaissance entre pairs et une volonté de se démarquer des autres groupes d’usagers.
Ainsi, « un chemsexeur n’est pas un toxicomane, il est chemsexeur » ; l’injection, le shoot ou le fix devenait un slam ; le sexe sous drogues, le chemsex (contraction de chemical et sex, sexe sous drogues littéralement) ; la traditionnelle partouze prenait le nom de PnP ou de sex party et les applications de rencontres gay remplaçait très vite les lieux de rencontres communautaires.
Le chemsex est une pratique communautaire. Les termes inventés et employés par les premiers concernés sont communautaires et marqués commme « gay »
Le smartphone, comme une extension de la main, prenait le lead et s’imposait comme l’outil parfait de recherche et de recrutement de partenaires, l’outil d’achat des substances psychoactives sans avoir recours aux dealers traditionnels et les appartements privés remplaçaient les lieux de consommation sexuelle ou l’usage de produits et certaines pratiques sexuelles étaient potentiellement prohibés.
D’autres termes plus spécifiquement attachés aux pratiques sexuelles sont largement utilisés comme des codes d’identification communautaires répondant à une exigence d’hyper sexualité, de performance et de vitesse. Les longues conversations préliminaires à l’acte sexuel sont résumées en quelques mots clés identifiables par n’importe quel chemsexeur (volonté d’appartenance à un groupe au-delà de la seule pratique sexuelle) : fist, plan chems, slam, no limit, no Kpot….
Très longue introduction absolument nécessaire pour contextualiser précisément l’apparition et l’identification précise de cette pratique communautaire créée par des groupes d’usagers gays.
Dès lors, nous pouvons nous exonérer de toute opposition stérile sur les termes à employer ou pas. Ce qui prévaut, afin de répondre aux besoins exprimés, c’est bien de répondre aux besoins des usagers en respectant leur identité, leurs pratiques d’usage de produits et sexuelles et les rituels spécifiques attachés au chemsex.
Deux définitions qui font consensus
Nous vous proposons deux définitions qui font consensus :
La première est celle de Harm Reduction International, collectif mondial de structures d’addictologie et de réduction des risques. Cette définition a été produite collectivement par des représentants de nombreux pays concernés :
« Le chemsex désigne l’usage intentionnel de drogues pour faciliter, prolonger ou intensifier l’activité sexuelle, souvent chez les hommes homosexuels et les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH). Contrairement à la notion plus large d’usage de drogues à des fins sexuelles, le chemsex implique généralement : des rapports sexuels entre hommes, souvent avec des partenaires multiples ou occasionnels ; l’usage de drogues psychostimulantes telles que la méthamphétamine, les cathinones ou le GHB/GBL ; des rapports sexuels prolongés, pouvant durer plusieurs jours ; des événements organisés via des technologies numériques telles que les applications de rencontre ou de géolocalisation. »
Une seconde définition, française cette fois, précise ce qu’est le chemsex selon l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) :
« L’usage de drogues est corrélé à l’activité sexuelle. Il peut avoir pour objectif d’exacerber les sensations de plaisir, d’annihiler les sensations de fatigue et de prolonger la durée des rapports ou de faciliter certaines pratiques sexuelles. D’autres motivations expliquent plus largement l’investissement dans le chemsex : la recherche d’une relation affective ou amoureuse ou d’une autre forme de sociabilité ; la volonté de rompre son isolement ; d’apaiser, par la fréquentation de pairs, les craintes intériorisées de l’homophobie et les souffrances psychiques qu’elle induit.En effet, au travers des pratiques de chemsex, certaines personnes disent s’autoriser à vivre leur homosexualité plus librement (Milhet, 2019) »
De nombreuses études montrent que près de 85% des chemsexeurs se définissent comme : homosexuels, gays ou appartenant au groupe des hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes.
Il ne s’agit pas, pour autant, d’occulter d’autres constats dont la consommation de substances psychoactives chez les femmes et potentiellement en contexte sexuel.
Nous déplorons, en revanche, l’approche strictement binaire (homme/femme) dans les débats au regard de l’autodétermination des personnes et d’une augmentation du nombre de personnes non binaires, gender fluid, notamment chez les jeunes. Par ailleurs, la porosité entre les groupes et sur les usages de substances (dont usage en contexte festif) devrait également nous interroger. Aujourd’hui, de nombreux experts intègrent les cathinones et surtout la « 3 » / 3-MMC parmi les substances dont la consommation est en augmentation en contexte festif en substitution de la cocaïne ou de la MDMA. Associer la « 3 » ou le « G » au chemsex est une erreur trop souvent commise.
Nous regrettons également que l’orientation sexuelle des femmes soit totalement ignorée dans cette approche.
Utiliser l’approche « femme » comme une entité universelle ne reflète en rien la diversité des parcours, des sexualités. Nous pouvons supposer que les femmes lesbiennes pourraient avoir une sexualité différente des femmes hétérosexuelles et que les déterminants et contexte de consommation puissent différer d’une groupe à l’autre. Là encore, ne pas considérer les sous-groupes pose un vrai problème lorsque l’on doit communiquer des stratégies et outils de prévention sexuels et de réduction des risques. L’invisibilisation des autres identités de genre ou orientations sexuelles ne permettra pas une appropriation du discours par les premières concernées.
Les usages sexualisés de drogues
Conscients que le terme chemsex ne pouvait concerner que certains groupes très spécifiques, gays, hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, personnes trans, public libertin et groupes présentant des co-facteurs de vulnérabilité (travail du sexe, personnes racisées et/ou migrantes, niveau socio-économique/précarité…), nous avons collectivement, par souci d’inclusivité imaginé une autre catégorie pour définir le fait d’avoir un rapport sexuel en ayant consommé un produit psychoactif (dont alcool et cannabis qui sont très largement consommés et ne font pas partie de la liste des substances consommées dans un contexte de chemsex) : les USD pour usages sexualisés de drogues.
Ce terme est plus vaste mais permet de comprendre et d’accompagner d’autres comportements sexuels avec usage de drogues (licites ou illicites) dans d’autres groupes que les gays chemsexeurs. J’ai l’exemple de la prévention à VIH en tête. Pendant des années, nous nous sommes interrogés sur le manque d’adhésion aux nouvelles stratégies de prévention combinée dans d’autres groupes que les HSH. Par exemple, l’usage du préservatif masculin ne faisait pas l’objet d’un recours systématique dans d’autres groupes dont la population générale (personnes hétérosexuelles) et que les femmes en étaient les premières victimes. Nous pourrions aussi parler du relatif échec des traitements comme prévention (TasP) ou traitements préventif (PrEP) ou même du recours au soin tardif chez les femmes.
En fait, la prévention sexuelle s’est construite majoritairement sur la base et sur les sexualités entre hommes autour du préservatif masculin. La recherche s’est focalisée également pendant de très longues années autour des hommes cisgenre. Les autres groupes ont dû s’adapter à un discours construit autour d’une certaine domination masculine et patriarcale et des sexualités masculines sans aucune prise en compte des spécificités inhérentes à chaque groupe.
Il faudra attendre 1999 pour que le préservatif féminin soit distribué en France. La prévention comportementale ne reposait en grande partie que sur le préservatif masculin et une « réduction des risques sexuels aux contours assez flous et contestés » et le poids de la norme patriarcale sur les femmes.
Le sida ou encore les questions d’usage de drogue nous ont enseigné que la prévention et l’accompagnement des personnes doivent être sélectifs (en direction de sous groupe de population spécifique) et ciblées (fonction de sous groupes mais surtout fonction de l’existence de facteurs de risques spécifiques).
L’accueil spécifique des femmes dans les structures de prise en charge des addictions, de prévention et de réduction des risques.
En réduction des risques, la visibilité des femmes usagères de drogues peut souffrir de représentations sexistes. La fréquentation par les femmes des structures de réduction des risques (CSAPA/CAARUD) est très largement inférieure à celle des hommes et seules les structures particulièrement innovantes et soucieuses de l’accueil de ces publics mettent en place des plages horaires et des actions diverses réservées et destination des femmes.
Ces accueils présentent de nombreux avantages pour les personnes comme de pouvoir répondre à leurs besoins sans être exposées, une fois de plus, aux violences intrinsèques liées au patriarcat.
Environ 20 % de la file active est féminine dans la plupart de ces structures liée à différents facteurs : l’invisibilité, la honte, la crainte d’être jugée, la méconnaissance de ces structures par les usagères mais aussi de certains professionnels des problématiques plus spécifiques féminines et un accueil inadapté.
Certaines femmes usagères peuvent se définir comme « chemsexeuses ». Sans remettre en question cette auto-détermination, il est impératif de poser, lors de l’entretien, les bonnes questions sans être intrusif mais pour comprendre les motivations à la consommation, le contexte, les risques éventuels associés. Aucun terme spécifique aux femmes n’est plébiscité et il est logique que, face à ce manque, le chemsex soit le terme utilisé par défaut.
L’accueil de femmes au CSAPA de la Villa Floréal, un exemple d’accueil spécifique
Au CSAPA de la Villa Floréal à Aix en Provence, a été mis en place et développé un accueil plus spécifique avec des groupes femmes avec des activités et temps dédiés.
La prise en charge a permis de mettre à jour la question de la violence beaucoup plus clairement ; environ deux tiers des femmes usagères de produits (alcool, cannabis, kétamine, cocaïne…) suivies en 2025 avaient subies des violences sexuelles dans leur enfance, très peu ont porté plainte ou ont pu trouver espace safe pour en parler ; il y a une évolution dans l’accueil et l’écoute de cette parole, depuis le mouvement #MeToo entre autres.
Mais cela reste très insuffisant aussi bien au niveau du soin, de la police et de la justice (moins de 7 % de plaintes par exemple au niveau national).
La proportion des violences faites aux femmes est très importante, quelle ce soit produite à l’enfance, à l’adolescence ou à l’âge adulte. En 2023 376 000 femmes de plus de 18 ans ont subi des violences (sexuelles, physiques ou psychologiques), dont 277 000 étaient des violences sexuelles. Dans la majeure partie des cas, les agresseurs sont des hommes proches (sphère familiale ou amicale) ; selon une étude de Santé publique France de 2019 : 14,5 % des femmes ont subi dans leur vie des violences sexuelles (dont 3.6 % de viols) dont la moitié a eu lieu avant 18 ans pour les hommes c’est 3,9 % d’entre eux.
Pour les hommes gays chemsexeurs, les violences sexuelles subies peuvent atteindre jusqu’à 30% parmi les usagers interrogés.
Les conséquences de ces violences sexuelles sont nombreuses au niveau psychologique, physique, sociale et sexuelle : 65 % des victimes, selon une autre étude, des troubles de la sexualité.
Les conséquences psychologiques (qui concernent plus de 60 % des personnes) peuvent conduire à l’usage de substances pour gérer une dépression, un état de stress post traumatique ou des troubles sexuels. Et c’est parfois à cet endroit que l’usage sexualisé des drogues peut se retrouver : pour pouvoir avoir une vie sexuelle et ressentir du plaisir.
La question de la sexualité est trop peu abordée. Cela reste un tabou et d’autant plus s’il y a consommation de produits ; c’est au niveau des professionnels qu’un travail de sensibilisation doit être fait. Nous avions rencontré des difficultés similaires dans la prise en charge des chemsexeurs chez les HSH. Nombre de professionnels ne sont pas à l’aise avec la question de la sexualité alors elle est tout simplement éludée.
La place de sexologues, ou d’accompagnants, de thérapeutes, de médecins sensibilisés à cette question est primordiale. Mais travaillant depuis 15 ans sur ces questions, les réalités rencontrées avec les femmes sont différentes : violences subies, formes de domination portées par les normes patriarcales, injonctions au plaisir où à la pénétration et « l’obligation de satisfaire les plaisirs de son conjoint (pouvant aller jusqu’aux violences).
Les produits utilisés sont principalement l’alcool, le cannabis et plus rarement la cocaïne ou autres substances ; les pratiques sexuelles et de groupes sont beaucoup moins fréquentes chez les femmes, les applications de géolocalisation moins utilisées voire inexistantes, la prévention à VIH et infections sexuellement transmissibles est très largement insuffisante. Ce sont autant de facteurs spécifiques à prendre en compte.
Les personnes de différents groupes ou sous-groupes peuvent avoir des mécanismes, des fonctionnements, des motivations à la consommation communes mais cela ne doit pas nous autoriser à invisibiliser les besoins des femmes ou de n’importe quel autre groupe sur la base d’amalgames grossiers.
Par paresse intellectuelle, il est aisé de ne pas interroger et construire des stratégies adaptées à chaque groupe. On copie/colle, sans réfléchir, une stratégie éprouvée chez les hommes gays pour les femmes et on se contente d’asséner une affirmation ne reposant sur aucune donnée scientifique sérieuse : « il y a des femmes dans le chemsex ! »
Seulement, cette stratégie réductrice et un peu simpliste, lorsque l’on s’attache à l’efficacité et aux objectifs de santé publique, pose de vraies questions sur le fond :
- Une stratégie élaborée sur la base de besoins et de constats chez les hommes gays peut-elle être efficace pour les femmes ?
- Avons-nous des études qualitatives ou quantitatives montrant le nombre de femmes concernées par le chemsex dans le strict respect des définitions du chemsex chez les gays ? N’est ce pas plutôt de l’usage sexualisé de drogues ?
- Avons-nous des données sérieuses sur une augmentation des conduites addictives chez les femmes dues au chemsex et non corrélées uniquement à un produit ?
- Pouvons-nous constater d’une augmentation significative des intoxications par surdose en contexte sexuel chez les femmes ? Avons-nous pu constater d’une augmentation des décès argumentée et en lien direct avec une pratique de chemsex ?
- Existe-t-il des sources fiables montrant une modification des comportements sexuels chez les femmes dont une augmentation significative du nombre de partenaires ? ou une modification des pratiques ?
- De même, le nombre de contaminations à VIH ou d’infections IST est-il en augmentation et cette augmentation est-elle vraiment conséquente au chemsex ?
- Où est la place des femmes usagères de drogues dans ce discours ? Ont-elles contribuées sous forme de questionnaire dans des études ? Leur a t’on posé la question de savoir quels étaient leurs besoins ? leurs pratiques ? Avons-nous adapté nos stratégies d’intervention ? Sommes-nous bien certain que de faire rentrer de force les femmes dans des pratiques gays soit efficace en termes prévention sexuelle, de réduction des risques, de santé globale et d’amélioration de la qualité de vie ?
- Est-ce que des associations d’hommes gays qui défendent cette position sont bien légitimes pour parler à la place des premières concernées ? Les hommes gays ne reproduiraient pas un discours basé sur la domination sexiste et patriarcale ? Nous aimerions le penser mais nous en doutons fortement.
Il n’est pas question, pour nous, d’affirmer qu’il n’y a pas de chemsex chez les femmes. Nous constations une augmentation parmi notre patientèle ou clientèle du nombre de femmes usagères de produits psychoactifs notamment en contexte sexuel. Pour autant, leurs pratiques et comportements ne peuvent être considérés comme étant du chemsex mais sont plutôt à intégrer à l’usage sexualisé de drogues sauf à argumenter et apporter des preuves scientifiques en réponse à d’autres hypothèses.
Les stratégies de prévention et d’intervention spécifiques aux femmes s’imposent pour des raisons multifactorielles : différences biologiques, sociales et environnementales qui influencent leur santé de manière distincte par rapport aux hommes.
Ces approches ciblées, basées sur des données scientifiques et le recueil des besoins des personnes concernées (en privilégiant dans le cas présent une approche féministe) permettent d’améliorer l’efficacité des campagnes de sensibilisation, de prévention, de libérer la parole et de favoriser une meilleure prise en charge tout en réduisant les inégalités persistantes en santé publique.
Les femmes présentent des vulnérabilités spécifiques comme l’endométriose, la ménopause, les variations hormonales, les maladies cardiovasculaires sous diagnostiquées ou les cancers gynécologiques (sein, utérus), nécessitant des dépistages et sensibilisations adaptés.
La recherche médicale historiquement centrée sur le modèle masculin entraîne des diagnostics tardifs chez les femmes (source : Conseil économique, social et environnemental).
Les femmes occupent souvent des métiers exposés (soins, services précaires) augmentant les risques d’infections, de troubles musculo-squelettiques, avec une charge mentale accrue due aux rôles familiaux. La précarité, les violences de genre dont nous avons parlé plus haut, et les normes sociales limitent l’accès aux soins, rendant les messages de prévention genrés plus pertinents (plusieurs sources compilées : Slate, Santé publique France, Verbateam-Services…).
Le chemsex fait l’objet d’un travail particulier dans le cadre d’une feuille de route sur la santé sexuelle. Il faut aujourd’hui rompre avec les discours clivants qui remettent en question les définitions actuelles sans fondement ni propositions sérieuses permettant la construction de stratégies innovantes de prévention et de réduction des risques en direction des femmes usagères de drogues en contexte sexuel.
Parler de chemsex (qui est une forme d’USD) et d’USD permet d’être plus sensible à l’un et à l’autre et ce discours ne nuira en rien à une meilleure prise en compte des problématiques sexuelles et d’usages de drogues des femmes. Être plus fin sur leur analyse rendra plus pertinents la prévention, la réduction des risques et le soin lorsqu’il est il est nécessaire et qu’il répond à une demande de la personne.
Nous avons basé cette réflexion sur nos propres expériences cliniques mais également sur plusieurs travaux de recherche.
Remerciements
Perrine Roux, Directrice de recherche INSERM – SESSTIM et Christel Protière, SESSTIM : https://sesstim.univ-amu.fr/fr/user/774/publications PaacX : Perceptions, attitudes et attentes vis à vis du chemseX : résultats d'une analyse mixte : https://chemsex.be/ressource/les-cinq-principaux-rapports-au-chemsex-paacx-perceptions-attitudes-et-attentes-vis-a-vis-du-chemsex-resultats-dune-analyse-mixte/
Maitena Milhet, Chargée d’études – Observatoire Français de Drogues et des Tendances Addictives : https://www.ofdt.fr/publication/2019/apaches-attentes-et-parcours-lies-au-chemsex-687
Annie Velter, chargée de projet et d’expertise scientifique – Santé Publique France
https://www.santepubliquefrance.fr/etudes-et-enquetes/enquete-rapport-au-sexe-eras-2023