Métiers de l’humain : la Fédération Addiction mobilisée pour que tous les personnels soient revalorisés

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Beaucoup de salariés des structures d’addictologie sont encore exclus des revalorisations de salaire prévues à la suite du Ségur. Représentante d’un secteur qui souffre d’un manque de reconnaissance de ses métiers, la Fédération Addiction continue sa mobilisation. Le point avec Marie Öngün-Rombaldi, déléguée générale.

Ségur, mission Laforcade 1 et 2… La question de la valorisation et de l’attractivité des métiers de l’humain semble débattue depuis un petit moment déjà. Mais où on est-on aujourd’hui ?

Marie Öngün-Rombaldi : Tout n’est pas réglé, loin de là mais il y a des progrès indéniables. À la suite de la mission Laforcade, une partie des personnels du secteur « personnes à difficulté spécifique » vont pouvoir bénéficier d’une revalorisation de salaire de 183 € net. Maintenant, nous ne savons pas quand l’argent va être versé ni comment, ce qui pose problème car beaucoup de structures n’ont pas la trésorerie pour avancer. La situation est très variable d’une ARS à l’autre : nous demandons des consignes claires.

Et l’un de nos gros soucis reste qu’une partie des personnels n’est toujours pas concernée !

Qui sont ces salariés exclus des revalorisations ?

Pour l’instant les personnels non intervenants sociaux ne sont pas concernés : il s’agit notamment du personnel administratif, des équipes de direction, mais aussi par exemple des personnes chargées du ménage. Pour la Fédération Addiction, c’est un problème : par exemple, une personne qui est chargée de l’accueil dans une structure constitue le premier contact des usagers qui arrivent, son rôle est donc primordial. L’accompagnement des usagers, les professionnels le mettent en œuvre au sein d’équipes pluridisciplinaires où tout le monde est engagé. Nous militons donc pour que l’ensemble des personnels bénéficient des revalorisations.

« Nous militons pour que l’ensemble des personnels bénéficient des revalorisations. »

Et puis il y aussi la question des équipes de prévention. Aujourd’hui ces personnels ne sont pas rémunérés sur l’ONDAM et ne sont donc pas concernés par les revalorisations. Dans une même structure, on va donc avoir des salariés chargés du soin revalorisés mais pas ceux du bureau d’à côté car ils font de la prévention. Cela n’a aucun sens. Et c’est d’autant plus paradoxal que la prévention est souvent mise en avant comme un objectif majeur des politiques publiques, elle figure même dans le nouvel intitulé du ministère de la Santé !

Quelles actions pour la Fédération Addiction dans les semaines qui viennent ?

Vu la situation sur le terrain et les difficultés de recrutement, nous restons très engagés sur la question ! Notamment via l’Uniopss, à laquelle la Fédération est adhérente et qui mène beaucoup d’actions. Une nouvelle pétition vient d’ailleurs d’être lancée : je l’ai signée au nom de la Fédération et j’invite tout le secteur à faire de même !

Nous avons par ailleurs écrit à la Première ministre et au ministre de la Santé et de la Prévention à l’occasion de leurs nominations. La revalorisation des métiers figurera en tête des entretiens que nous aurons avec eux. Nous venons également d’envoyer un nouveau courrier sur ce sujet précis avec nos partenaires de la Fédération des acteurs de la solidarité, l’Uniopss, l’Association Addiction France, la Fédération Santé Habitat et AIDES.

On ne lâche pas l’affaire !

 

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