Rapport ministériel sur le chemsex : la Fédération Addiction et AIDES saluent une convergence avec les recommandations portées par les acteurs de terrain

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Article rédigé par Fédération Addiction 10 mars 2026
Le rapport sur le chemsex remis le 20 février 2026 à la ministre de la Santé marque une étape importante dans la structuration de la réponse publique face à ce phénomène. La Fédération Addiction et AIDES se félicitent que les recommandations formulées dans le rapport rejoignent largement les orientations qu’elles défendent notamment dans le cadre du projet ARPA-Chemsex et du guide Aller vers les chemsexeurs publié en 2024. Cette convergence vient reconnaitre la pertinence des approches développées par les acteurs de terrain pour répondre à cette problématique de santé publique.

Une reconnaissance du travail engagé par les acteurs de terrain

Amine Benyamina, professeur de psychiatrie et addictologie, a remis le 20 février 2026 un rapport consacré au chemsex à la ministre de la Santé. Celui-ci formule des recommandations visant à mieux structurer la prévention, la réduction des risques et la prise en charge des personnes concernées. 

La Fédération Addiction et AIDES se réjouissent que ces recommandations rejoignent très largement les orientations développées par les deux organisations dès 2023-2024 dans le cadre du projet national Arpa-Chemsex (« Accompagnement en réseau pluridisciplinaire amélioré »), puis formalisées dans le guide Aller vers les chemsexeurs publié en 2024 et dans la plateforme de plaidoyer Répondre au défi du chemsex de juin 2025. 

Le rapport reconnaît également certaines évolutions intervenues ces derniers mois, notamment la structuration des coordinations régionales de la santé sexuelle (Coress) qui contribuent à améliorer la coordination des acteurs et le partage d’expertise. 

Une convergence importante avec les propositions portées depuis 2024

Le rapport appelle notamment à mettre en place des parcours coordonnés associant Cegidd (centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic), CSAPA (centres de soin, d’accompagnement et de prévention en addictologie), acteurs communautaires et secteur sanitaire en infectiologie, psychiatrie et addictologie. Cette approche correspond pleinement à la philosophie du projet ARPA-Chemsex, soutenu par le Fonds nationale de lutte contre les addictions, qui met au cœur de l’accompagnement l’articulation entre addictologie, santé sexuelle, santé mentale et expertise communautaire. 

Le rapport recommande en outre de déployer des centres bas seuil intégrant dépistage, prévention combinée, réduction des risques et soutien psychologique. Les sites pilotes du projet ARPA préfigurent ce modèle d’offre pluridisciplinaire intégrée, associant soutien, santé sexuelle, réduction des risques liés aux drogues et orientation vers le soin et l’auto-support. 

Autres convergences importantes :  

  • la nécessité de renforcer la prévention et la réduction des risques adaptées aux pratiques de chemsex, qu’il s’agisse de l’accès au matériel, de l’analyse de drogues, du dépistage régulier ou de l’accompagnement vers la PrEP ; 
  • l’importance d’une prise en compte systématique des enjeux de santé mentale, des traumatismes et des pathologies duelles ainsi que des problématiques de consentement et de violences sexuelles pouvant survenir dans ces contextes ; 
  • la structuration de réseaux territoriaux et le développement d’outils d’« aller-vers », notamment via le numérique, afin d’améliorer l’accès à l’information, à l’écoute et à l’accompagnement des personnes concernées.  

Ces orientations s’inscrivent pleinement dans la logique de coordination territoriale et d’intervention communautaire défendue par la Fédération Addiction et AIDES. 

Des enjeux qui restent à approfondir

Au-delà de ces convergences importantes, certaines propositions portées de longue date par la Fédération Addiction et AIDES devront encore être approfondies dans la stratégie nationale sur le chemsex, notamment : 

  • la lutte contre la stigmatisation et la promotion d’approches non jugeantes, conditions essentielles pour favoriser l’accès aux soins et à la réduction des risques ; 
  • l’implication des personnes concernées dans la conception, la mise en œuvre et l’évaluation des dispositifs qui constitue un levier important pour améliorer l’efficacité des politiques publiques. 

Par ailleurs, nos deux organisations soulignent l’importance d’ouvrir le débat sur les effets dramatiques que peuvent avoir les politiques de pénalisation des usages de drogues sur l’accès aux soins et aux dispositifs de réduction des risques.

Transformer la convergence en actions concrètes

La Fédération Addiction et AIDES se félicitent que le rapport ministériel reprenne à son compte les enseignements des expériences développées par les acteurs de terrain ces dernières années. Cette convergence confirme que la réponse au chemsex doit être coordonnée et fondée sur la réduction des risques, la pluridisciplinarité et l’expertise communautaire. 

Alors que doit prochainement être publiée la stratégie nationale de santé sexuelle, nos deux organisations se tiennent pleinement mobilisées pour travailler avec le ministère de la Santé afin de traduire ces orientations en mesures concrètes, financées et déployées sur l’ensemble du territoire.