Journées antillo-guyanaises d’addictologie 2026 : la transversalité au cœur des pratiques
L’addictologie, une discipline qui doit se décloisonner
Les conduites addictives ne se limitent pas à une question de consommation ou à une seule spécialité médicale. Elles peuvent avoir des conséquences multiples sur la santé (développement de difficultés somatiques, pathologies duelles, etc), s’inscrire dans des parcours de vie marqués par des vulnérabilités sociales ou psychologiques et nécessiter l’intervention de nombreux professionnels qu’il s’agisse de l’éducation, de la réinsertion ou de la justice.
C’est précisément cette complexité que les Journées antillo-guyanaises d’addictologie souhaitent mettre en discussion cette année. La transversalité ne constitue pas seulement un principe de coopération, elle devient une condition essentielle pour assurer la continuité et de la pertinence dans les accompagnements.
Si la coopération entre professionnels et entre secteurs apparaît aujourd’hui comme une nécessité, elle n’est pour autant pas si simple à concrétiser au quotidien. Les différences de cultures professionnelles, de temporalités, d’enjeux et de priorités viennent complexifier les coopérations. À cela s’ajoutent un contexte d’intervention de plus en plus contraint, marqué notamment par une baisse des moyens qui ne permet pas toujours de consacrer le temps nécessaire au travail de coopération.
C’est pourtant précisément dans ce contexte que la transversalité prend tout son sens. Elle invite à dépasser les logiques de secteurs ou de dispositifs pour construire des réponses fondées sur la complémentarité des compétences et des expériences.
Les Journées antillo-guyanaises d’addictologie seront ainsi l’occasion de questionner non seulement la nécessité de travailler ensemble, mais aussi les conditions qui permettent de faire de la transversalité une réalité des pratiques professionnelles.
Deux jours de réflexion entre plénières et ateliers
À travers trois plénières, cinq ateliers et une table ronde, les participants seront invités à confronter leurs pratiques et leurs expériences, mais aussi à questionner les cloisonnements qui peuvent encore exister entre secteurs, disciplines et institutions.
Les trois plénières permettront d’explorer cette question de la transversalité à partir de situations et de publics différents avec :
- Plénière 1 : Les implications et les complications somatiques des conduites addictives, avec l’intervention de :
- Tony Romuald, addictologue et responsable de l’Unité de Soins et de Liaison en Addictologie au CHU de Guadeloupe et coordinateur médical de la SRAE de Guadeloupe
- Bernard Angerville, psychiatre et addictologue à l’EPSM de Guadeloupe, maitre de conférence à l’Université des Antilles et de Guyane
- Jérôme Lacoste, addictologue et chef du service d’addictologie au CHU de Martinique
- Plénière 2 : La transversalité au service d’un parcours adapté et coordonné pour les jeunes, avec l’intervention de :
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- Damien Baltide et Graziella Raleche, membres de l’équipe du CMPAA en Martinique ;
- Cédric Toumson, Ruddy Antoine, Océane Sainte-Luce, Yanéti Gelabale, membres de l’équipe du CSAPA G en Guadeloupe ;
- Tristan Vassaux, responsable scientifique et coordinateur régional TREND/SINTES Guyane et Stéphane Baisie, alternant chargé de la réalisation de l’enquête à l’AGRRR ;
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- Plénière 3 : Les enjeux de la coopération entre santé et justice, avec l’intervention de :
- Nathalie Grard, juge d’application des peines au tribunal de Basse-Terre
- Carole Alixe, directrice du pôle santé et précarité à la Croix rouge française en Martinique
- Hélène Servier, directrice adjointe du pôle addictologie au Groupe SOS solidarité en Guyane
Elles permettront de croiser les regards de professionnels issus de différents champs et d’interroger, à partir de leurs expériences, les modalités de coopération existantes, les leviers, les freins existants et de réfléchir permettant de construire des parcours plus coordonnés.
En parallèle de ces plénières, des ateliers permettront d’approfondir différentes problématiques et de favoriser les échanges entre professionnels.
Des journées qui se prologent le vendredi 20 novembre
Les journées antillo-guyanaises seront aussi l’occasion de découvrir certains établissements guadeloupéens qui ouvriront leurs portes le vendredi 20 novembre afin de présenter leurs dispositifs et d’échanger autours de leurs enjeux et pratiques.