L’OIP publie un rapport sur l’incarcération des adolescents

Partager sur

Article rédigé par Alexandra Bernard 30 octobre 2026
Le 24 septembre 2026, l'Observatoire international des prisons (OIP) a publié « Adolescence emprisonnée, le désastre de la réponse carcérale », fruit d'un an d'enquête dans dix établissements français.

Près de 3 000 mineurs sont incarcérés chaque année en France. Le rapport consacre un focus aux addictions : tabac, cannabis, protoxyde d’azote ou médicaments sont présents en détention, et leur prise en charge reste difficile. Le rapport de l’Observatoire international des prisons Adolescence emprisonnée, le désastre de la réponse carcérale est issu d’un travail dans dix établissements. Il consacre un focus aux addictions : tabac, cannabis, protoxyde d’azote ou médicaments sont présents en détention, et leur prise en charge reste difficile.

Addictions en détention

Dans le rapport, les soignants décrivent des consommations souvent présentes dès l’arrivée : tabac, cannabis, autres drogues ou médicaments. Comme pour les personnes détenues majeures, la détention s’inscrit donc dans des parcours de consommation déjà engagés.

Les soignants observent une progression du protoxyde d’azote, dont les risques restent peu connus des jeunes consommateurs. Certains médicaments, comme le Tramadol ou le Lyrica, sont aussi consommés, notamment par des mineurs non accompagnés. Ces constats soulignent l’intérêt d’une information adaptée sur les produits et leurs effets. Le rapport s’intéresse également à la place des traitements. Les soignants font souvent le choix de laisser aux mineurs la gestion de leurs médicaments, pour préserver la relation de confiance. Le guide méthodologique sur la prise en charge sanitaire des personnes placées sous main de justice invite de son côté à accompagner cette autonomie, au regard de la fragilité de certains jeunes.

Tous les professionnels poursuivent pourtant le même but, celui de protéger la santé des mineurs détenus. Soignants, éducateurs et surveillants cherchent chacun à leur manière à favoriser l’accès au soin. C’est dans cette articulation, encore fragile, que se joue la qualité de l’accompagnement.

Des constats qui rejoignent les travaux de la Fédération Addiction

Ces constats rejoignent les travaux de la Fédération Addiction sur l’accompagnement des addictions en milieu pénitentiaire. Avec le projet PASIGA pour « Prison : accompagnement pour une stratégie d’intervention globale en addictologie », soutenu par le Fonds de lutte contre les addictions, elle travaille dans trois régions à renforcer l’articulation entre les acteurs du soin et l’administration pénitentiaire. États des lieux, formations et protocoles d’intervention communs doivent permettre d’améliorer le soin, la prévention et la réduction des risques en détention.

Si ce projet concerne des établissements pour majeurs, ses enjeux rejoignent ceux soulevés par l’OIP : informer sur les risques, sécuriser les traitements, construire une relation de soin et préparer la sortie avec les consultations jeunes consommateurs (CJC) et les centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA). La prison ne peut pas rester un angle mort de la santé publique.

Télécharger le rapport de l'OIP