« L’alcool nuit à la santé » : en Belgique, un message de prévention plus conforme aux connaissances scientifiques

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Article rédigé par Benjamin Tubiana-Rey 15 septembre 2026
Le gouvernement belge prévoit de remplacer, sur les publicités pour l’alcool, le traditionnel « L’abus d’alcool nuit à la santé » par un message beaucoup plus direct : « L’alcool nuit à la santé ». Un changement de quelques mots, mais une avancée importante : ce n’est pas seulement « l’abus » qui exposent aux risques mais bien la consommation d’alcool elle-même. Une réalité scientifique que les producteurs d’alcool continuent pourtant de contester.

En Belgique, le gouvernement va désormais imposer sur les publicités pour les boissons alcoolisées la mention « L’alcool nuit à la santé » en remplacement de « L’abus d’alcool nuit à la santé ». La mesure, qui s’inscrit dans un ensemble de dispositions de prévention, provoque une vive réaction des brasseurs belges. Ces derniers dénoncent un message qui ne ferait plus la différence entre « abus » et « consommation responsable » et mettent en avant la convivialité associée à l’alcool.

Pourtant, le nouveau message est bien plus conforme aux connaissances scientifiques : les risques liés à l’alcool ne commencent pas avec « l’abus ». Ils existent dès de faibles niveaux de consommation et augmentent avec les quantités consommées, notamment pour plusieurs cancers. Il n’existe pas de consommation d’alcool totalement dépourvue de risque pour la santé. Dire « L’alcool nuit à la santé » permet de sortir d’une représentation trompeuse selon laquelle seules les consommations excessives ou les personnes dépendantes seraient concernées.

Les arguments avancés par les brasseurs belges rappellent fortement ceux mobilisés en France contre les politiques de prévention, notamment à l’occasion du Dry January : défense de la convivialité, du libre choix, de la « modération » ou encore d’une « consommation responsable ». Mais ces expressions suggèrent qu’il existerait ceux qui savent boire « correctement » et ceux qui auraient échoué à maîtriser leur consommation, renvoyant les personnes malades à leur propre responsabilité.

Cette approche occulte aussi tout ce qui influence les consommations : disponibilité de l’alcool, prix, publicité, marketing ou normes sociales. Informer clairement sur les risques ne revient pourtant ni à interdire l’alcool, ni à nier sa place dans les pratiques sociales.

Le message belge a précisément le mérite de remettre le produit, et non le seul comportement des consommateurs, au centre de la prévention. Une évolution dont la France pourrait s’inspirer.