Rencontre avec le Groupement Addictions Franche-Comté, un pôle ressource au service de l’intersectorialité en addictologie
Fédération Addiction : Qu'est-ce que le GAFC et quelles sont ses missions ?
Julien Bouvret : Le Groupement Addiction Franche-Comté est un pôle ressource addictologique à statut associatif. Il est le fruit du regroupement des quatre réseaux addictologiques départementaux de Franche-Comté. Les principes moteurs de notre pôle sont de créer du lien entre les acteurs, d’améliorer et de fluidifier le parcours des usagers et de développer des outils de soutien aux professionnels. Ces principes se déclinent en trois objectifs :
- développer le positionnement des pôles ressource en addictologie vers une fonction d’appui aux professionnels de premier recours ;
- favoriser l’articulation entre les pôles ressources en addictologie, les dispositifs d’appui à la coordination (DAC) et les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) ;
- favoriser la prise en charge ambulatoire des patients stabilisés en CSAPA. Au-delà de ces trois priorités contractualisées, nous intervenons évidemment auprès de tous les professionnels, en tenant compte de la transversalité des problématiques addictives.
Nous assurons également une veille continue afin d’informer nos différents partenaires.
Notre équipe se compose d’animateurs présents au plus près des territoires départementaux ainsi que d’une coordinatrice médicale à l’échelle de la Franche-Comté, mobilisables via les outils numériques et par téléphone.
Concrètement, quelles sont les missions du GAFC envers les professionnels et les usagers ?
JB : Le GAFC a de nombreux outils pour assurer ses missions auprès des professionnels, des usagers et de leur entourage. Tout d’abord, nous apportons un soutien technique en transmettant des informations sur les addictions, les dispositifs territoriaux d’accompagnement, les possibilités d’orientation et les outils de repérage à toute personne qui contacte la structure.
On accompagne également les professionnels en leur apportant une expertise pratique sur le contenu des prises en charge : les modalités d’induction des traitements de substitution, les posologies, les admissions en hospitalisation complète ou de jour, ainsi que sur les liens à établir avec d’autres structures.
Par ailleurs, le GAFC propose des consultations pluridisciplinaires et des téléconsultations, réalisées aussi bien en présentiel qu’à distance grâce à un système sécurisé.
Nous développons aussi une activité de formation à travers un catalogue certifié Qualiopi et nous organisons des temps de sensibilisation ainsi que des échanges de pratiques sur différentes thématiques.
Enfin, le GAFC participe à l’organisation de conférences et de séminaires en partenariat avec les structures spécialisées du territoire et on contribue à des groupes de travail nationaux, notamment avec la Fédération Addiction et le RESPADD, en participant à la rédaction de guides portant sur le cannabis ou le mésusage des médicaments.
Et en tant que pôle ressource spécialisé, l’addictologie est au cœur de nos pratiques néanmoins, pour embrasser pleinement la complexité des problématiques, nous ne nous limitons pas à ce seul prisme : nous intégrons différents champs dans nos réflexions et nos interventions, comme la précarité, la santé mentale ou les violences sexistes et sexuelles.
Quelle est la plus-value pour les usagers ? Quels problèmes résolvez-vous ?
JB : Le GAFC permet de fluidifier les parcours des usagers et favorise leur maintien dans l’offre de droit commun. En tissant des liens avec les professionnels et en leur apportant du soutien, nous sommes en mesure de proposer des réponses adaptées à l’accompagnement et au soin des personnes en difficulté avec une ou plusieurs problématiques addictives, quel que soit le domaine d’intervention.
Dans ces réponses, nous tenons compte à la fois du parcours de vie des personnes et du niveau d’intervention possible des professionnels qui sollicitent le GAFC. On s’inscrit ainsi dans une offre globale de territoire au service des usagers.
On participe également à faire évoluer les représentations et à lutter contre la stigmatisation de ces publics.
Le lien, l’interconnaissance et le partage font partie des leviers qui permettent de réduire les risques de rupture de parcours. Le GAFC, par son positionnement de pôle ressource, s’inscrit pleinement dans la notion d’intersectorialité, tant philosophiquement que d’un point de vue opérationnel.