Disparition de Jean-Marc Priez, militant de la réduction des risques

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Article rédigé par Sacha Hertzog 16 juillet 2026
Jean-Marc Priez est décédé le 1er juillet 2026 à l'âge de 68 ans. La Fédération Addiction adresse ses condoléances à ses proches, ainsi qu'à l'ensemble de ses camarades à AIDES et à Techno+.

Jean-Marc Priez fut l’un des pionniers de la réduction des risques en France, et un militant infatigable tout au long de sa vie.

Il s’engage d’abord dans la lutte contre le sida au sein de AIDES, au cœur des années 1990, avant de rejoindre Techno+, association dont il deviendra ensuite le président. À ce poste, il contribue de manière décisive au développement de la réduction des risques : sur le plan des pratiques d’intervention, il mène un important travail de formation des bénévoles de l’association ; sur le plan politique, il ne renonce jamais à défendre les actions de réduction des risques, y compris lorsque cet engagement l’expose à des poursuites judiciaires.

C’est dans ce contexte qu’éclate l’affaire des flyers de Techno+. Jean-Marc Priez, alors président de l’association, est poursuivi pour facilitation et incitation à l’usage de drogue, après la diffusion sur le site Internet de Techno+ et lors de festivals techno de deux tracts d’information. Une première procédure est annulée pour vice de forme dès septembre 2003, mais le parquet porte l’affaire devant la cour d’appel de Paris. Lors de l’audience du 21 mars 2005, Didier Jayle, alors président de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT), vient témoigner en faveur de Jean-Marc Priez, saluant une action de terrain qui a contribué à sauver de nombreuses vies.

Le 18 avril 2005, au terme d’un feuilleton judiciaire de plus de deux ans, la cour d’appel de Paris relaxe Jean-Marc Priez : elle juge qu’il n’y a pas eu d’intention frauduleuse dans la rédaction de ces documents, qui s’inscrivaient pleinement dans la politique de réduction des risques destinée aux usagers de stupéfiants. Cette décision, rendue quelques jours après la publication, le 14 avril 2005, du décret portant référentiel national des actions de réduction des risques, contribue à asseoir la légitimité de ces pratiques et à protéger juridiquement les acteurs de terrain engagés, comme lui, dans cette politique de santé publique.

Son engagement constant demeure un exemple et une source d’inspiration pour l’ensemble des acteurs de la réduction des risques, à une époque où cette politique est plus que jamais remise en cause.

Pour mieux comprendre son parcours et l’histoire de Techno+, vous pouvez visionner le documentaire Un pied […], un pied sur terre, réalisé par Judith Du Pasquier, disponible via le lien ci-dessous.

Documentaire "Un pied chéper, un pied sur terre