Et si nous arrêtions vraiment ? La Fédération Addiction se mobilise avec l’Uniopss

Partager sur

Article rédigé par Fédération Addiction 7 octobre 2026
Besoins en hausse, financements sous tension, difficultés de recrutement et trésoreries fragilisées : les associations du sanitaire, du social et du médico-social sont de plus en plus nombreuses à devoir faire davantage avec moins. En addictologie comme ailleurs, cette situation menace la continuité et la qualité des accompagnements. Du 12 au 17 octobre 2026, la Fédération Addiction rejoint la mobilisation nationale de l’Uniopss « Et si nous arrêtions vraiment ? » et appelle ses adhérents à y participer partout en France.

Dans les CSAPA, les CAARUD et plus largement dans les structures sanitaires, sociales et médico-sociales, les professionnels accueillent, soignent, accompagnent et vont vers des personnes parfois particulièrement éloignées des dispositifs de droit commun. Ils assurent aussi des missions de prévention, de réduction des risques, d’accès aux droits et de soutien aux proches.

Mais les besoins augmentent alors que les moyens ne suivent pas. Les associations doivent composer avec la hausse des coûts, les difficultés de recrutement, des financements fragiles ou insuffisants et des trésoreries de plus en plus tendues. Selon les données rassemblées par l’Uniopss, une association employeuse sur deux déclarait en 2025 avoir perdu des financements et près d’un quart des établissements médico-sociaux disposaient de moins de 45 jours de trésorerie.

Derrière ces chiffres, ce sont les conditions d’accueil et d’accompagnement des personnes qui sont directement concernées.

Préserver la continuité des accompagnements

Depuis plusieurs années, les associations s’adaptent : elles réorganisent leurs équipes, recherchent de nouveaux financements, réduisent parfois certaines activités et absorbent l’augmentation des besoins. Cette capacité d’adaptation a cependant ses limites. Dans le champ des addictions, le risque est concret : réduire les possibilités d’aller-vers, renoncer à certaines actions de prévention ou de réduction des risques ou limiter la capacité à orienter rapidement une personne lorsqu’elle en fait la demande.

Nos missions reposent sur la disponibilité, la continuité de la relation et la capacité à intervenir au plus près des personnes et des territoires. Fragiliser les associations qui les assurent revient donc à fragiliser l’accès aux soins et à l’accompagnement.

C’est tout le sens de la question posée par la mobilisation : si les associations n’étaient plus en capacité de tenir, qui assurerait ces missions ?

Du 12 au 17 octobre, rendre visible ce qui ne tient plus

Du 12 au 17 octobre, associations, fédérations, réseaux, salariés et bénévoles des secteurs sanitaire, social, médico-social et du lien social sont invités à se mobiliser partout en France : témoignages, interpellation des financeurs et décideurs publics, portes ouvertes ou actions locales permettront de montrer ce que les associations assurent au quotidien — et ce qui serait menacé si elles ne pouvaient plus le faire.

La Fédération Addiction s’associe à cette mobilisation pour rappeler que l’addictologie a besoin de financements pérennes, de professionnels en nombre suffisant et de conditions permettant de garantir la continuité et la qualité des accompagnements.

À l’heure des arbitrages budgétaires, préserver les associations qui portent ces missions d’intérêt général, c’est préserver l’accès aux soins, à la prévention, à la réduction des risques et aux droits des personnes accompagnées.

Le site de la mobilisation