Mort de Michèle Barzach, ancienne ministre de la Santé

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Article rédigé par Fédération Addiction 27 octobre 2026
Michèle Barzach, ministre de la Santé du gouvernement Jacques Chirac, est décédée ce 26 octobre 2026. En autorisant la vente libre des seringues en pharmacie en 1987, en pleine épidémie de sida, elle avait posé l’un des actes fondateurs de la réduction des risques en France. Une décision courageuse, qui a contribué à sauver des vies, et dont les enseignements restent pleinement d’actualité.

Michèle Barzach, ministre déléguée à la Santé de 1986 à 1988 sous le gouvernement de Jacques Chirac, est morte ce 26 octobre 2026 à l’âge de 83 ans. Elle laisse notamment derrière elle une décision majeure pour la santé publique : en 1987, alors que l’épidémie de sida frappe durement les personnes utilisatrices de drogues par injection, elle autorise la vente libre des seringues en pharmacie. Jusqu’alors, leur achat était soumis à des restrictions qui compliquaient l’accès au matériel stérile, favorisant la réutilisation et le partage des seringues, et donc la transmission du VIH.

La mesure suscite des oppositions, y compris au sein de sa propre majorité. Mais Michèle Barzach fait alors prévaloir un principe de santé publique : pour protéger les personnes et éviter les contaminations, il faut leur donner les moyens de réduire les risques liés à leurs consommations sans conditionner leur protection à l’arrêt de celles-ci.

L’histoire lui a donné raison : l’accès aux seringues n’a pas entrainé d’augmentation de la consommation de drogues mais a favorisé au contraire la diminution du partage du matériel d’injection. Cette décision a ouvert la voie au développement des programmes d’échange de seringues, puis des traitements de substitution aux opioïdes et, plus largement, d’une politique de réduction des risques dont les résultats sont considérables : les contaminations liées à l’injection ont aujourd’hui quasiment disparu en France. En 2024, les personnes utilisatrices de drogues injectables ne représentaient plus que 1 % des découvertes de séropositivité au VIH.

Près de quarante ans plus tard, cet héritage mérite d’être rappelé. La réduction des risques a fait la preuve de son efficacité. Elle repose sur le pragmatisme, les connaissances scientifiques et le respect des personnes, plutôt que sur leur jugement moral. Alors que certaines de ses modalités continuent de susciter des oppositions, la décision de Michèle Barzach rappelle que la France a su, dans son histoire, faire des choix politiques courageux pour protéger la santé et sauver des vies.

La Fédération Addiction salue cette avancée majeure et appelle à poursuivre cette ambition : faire primer la santé publique sur les logiques de stigmatisation et de répression.

Crédit photo : © Union européenne, European Parliament