Une réduction inédite du tabagisme en France, mais beaucoup reste à faire !

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Communiqué du 28 mai 2019

Le nouveau Bulletin épidémiologique hebdomadaire de Santé Publique France présente des résultats d’une ampleur inédite avec 1,6 million de fumeurs en moins en deux ans. Après plusieurs années de stabilité, la prévalence du tabagisme quotidien a ainsi baissé de 4 points en deux ans, passant de 29,4 % en 2016 à 25,4 % en 2018 (28,2% des hommes et 22,9% des femmes). Cette réduction repose autant sur l’augmentation des sorties du tabagisme que sur la réduction des entrées, notamment des jeunes.

L’impact de la politique publique

Comme le rappelle François Bourdillon dans son éditorial[1] « ces bons résultats traduisent l’impact d’une politique publique cohérente et déterminée », associant de nombreuses mesures soutenues par la Fédération Addiction : augmentation régulière des prix du tabac ; paquet neutre ; remboursement des substituts nicotiniques ; temps de communication récurrents et opération Mois sans Tabac, tous les mois de novembre depuis 2016, développement des aides de proximité ont contribué à inciter au sevrage tabagique et à « dénormaliser » le tabac.

Une situation qui reste préoccupante

Ces très bons résultats ne doivent pas masquer un taux de prévalence du tabagisme quotidien qui reste en France très élevé en comparaison d’autres pays de même niveau économique (le double par exemple des prévalences observées en Grande-Bretagne ou aux USA). D’autre part, la mortalité attribuable, reflet des consommations passées, reste très élevée et continue à augmenter chez les femmes. En 2015, il a été estimé que plus de 75 000 décès étaient liés au tabagisme, ce qui correspond à environ 13% des décès survenus en France métropolitaine. Entre 2000 et 2015, le nombre des décès attribuables a baissé pour les hommes (55 420 en 2015 contre 62 411 en 2000) alors qu’il a très nettement augmenté chez les femmes passant de 8 027 en 2000 à 19 900 en 2015, soit une augmentation de la mortalité de plus de 5% par an en moyenne chez les femmes depuis 15 ans. Ces évolutions résultent de la progression du tabagisme féminin entre les années 1970 et 1990.

Des inégalités sociales qui restent marquées

En 2018, il existe toujours des différences significatives selon le niveau de revenu : plus le revenu augmente, moins la prévalence du tabagisme quotidien est élevée. Elle est par exemple maximale parmi les chômeurs (39,9%), Cependant, depuis deux ans ces inégalités très marquées ne se creusent plus ; c’est aussi un des résultats très encourageants de la politique publique de réduction du tabagisme.

Une augmentation du recours au vapotage

Parmi les outils d’aide au sevrage tabagique, le vapotage est le plus utilisé par les fumeurs pour arrêter de fumer. Cette utilisation s’inscrit depuis quelques années dans une stratégie de réduction des risques. Les données du Baromètre de Santé soulignent pour la première fois l’accroissement et les modifications de l’usage de cet outil de sevrage tabagique : 3,8% l’utilisent quotidiennement versus 2,7% en 2017.

En conclusion

Ces données très favorables de réduction de la prévalence du tabagisme doivent inciter non seulement à maintenir les politiques publiques mais à les accentuer, notamment en les complétant d’actions spécifiques destinées aux jeunes, aux femmes et aux publics en situation de précarité. Associer les techniques de marketing social (notamment le Mois sans tabac) à des actions adaptées à la prise en compte des situations complexes doit aider à répondre à la diversité des publics concernés. L’évolution du fonds de lutte contre le tabac en fonds addiction devrait y contribuer.

👉 Consulter le BEH n°15 / 2019 sur Santé Publique France

 

CONTACT PRESSE

Fédération Addiction
Olivier Hurel – chargé de projet

o.hurel@federationaddiction.fr – tel 01 43 43 72 38

 

[1] Bourdillon F. Éditorial. 1,6 million de fumeurs en moins en deux ans, des résultats inédits.