Annonce de la feuille de route « Santé mentale et psychiatrie »

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Madame Agnès Buzyn a présenté le 28 juin dernier une feuille de route sur la santé mentale et psychiatrie. Elle a pour objectifs l’amélioration des conditions de vie, de l’inclusion sociale et de la citoyenneté des personnes vivant avec un trouble psychique, l’amélioration de l’accès aux soins et aux accompagnements.

Une situation française préoccupante

La demande de soins est en augmentation constante notamment pour les troubles anxiodépressifs, les psycho-traumatismes, les troubles du comportement, les addictions. Pourtant, la prévention et les interventions précoces sont insuffisantes et les diagnostics trop tardifs. Les ruptures de parcours sont trop nombreuses et entraînent une détérioration des trajectoires de soins et de vie.

Le contexte est également marqué par des inégalités importantes dans l’offre de soins et de professionnels présents sur les territoires. De plus, il convient de prêter une attention particulière aux populations les plus vulnérables : notamment les enfants, adolescents et jeunes, les populations en précarité sociale, les personnes âgées, les personnes en situation de handicap, les familles nécessitant un accompagnement à la parentalité, ou encore les personnes placées sous-main de justice.

La feuille de route présentée se décline en 37 actions selon trois axes :

  1. Promouvoir le bien être mental, prévenir et repérer précocement la souffrance psychique, et prévenir le suicide ;
  2. Garantir des parcours de soins coordonnés et soutenus par une offre en psychiatrie accessible, diversifiée et de qualité ;
  3. Améliorer les conditions de vie et d’inclusion sociale et la citoyenneté des personnes en situation de handicap psychique.

Les personnes accueillies dans les dispositifs spécialisés en addictologie présentent fréquemment des comorbidités psychiatriques. Alors même que la corrélation entre les deux problématiques est très forte et que chacune a un effet péjoratif sur l’autre, il est important de mieux travailler aujourd’hui sur des parcours de santé coordonnés et articulés, co-construits avec les personnes concernées.

Le projet « Addictions et troubles psychiatriques » mené par la Fédération Addiction

C’est d’ailleurs pour répondre à ces enjeux que la Fédération Addiction mène depuis 2016 un projet « Addictions et troubles psychiatriques »  avec le soutien de la MILDECA et de la DGS, et en lien avec la DGOS. Ce projet a pour objectifs de repérer des expériences innovantes d’articulation, d’analyser et diffuser des pratiques positives de coopération, et de partager une vision commune de la problématique et faire émerger des pistes de spécificités cliniques. La parution d’un guide de la collection Repère(s est prévu fin 2018 !

Plusieurs actions présentées dans la feuille de route croisent des préoccupations portées par les professionnels des addictions, notamment et pas uniquement :

L’action n° 9 : Développer les prises en charge ambulatoires, comprenant les intensives et les interventions au domicile du patient, y compris en établissement et service médico-social (ESMS) indique dans les enjeux les actions des CSAPA et des CAARUD

Les prises en charge ambulatoires incluent les hôpitaux de jour, les centres médico-psychologiques (CMP) des secteurs de psychiatrie et l’organisation des équipes de soins de psychiatrie pour aller au-devant des personnes, en proposant notamment des prises en charge dans des lieux faciles d’accès et non stigmatisés dont l’intervention à domicile fait partie (maisons des adolescents, consultations de psychiatres, de psychologues ou d’IDE en maisons de santé pluri professionnelles, en centres de santé, en service interuniversitaire de médecine préventive et de promotion de la santé (SIUMPPS), dans les centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA) ou les centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues (CAARRUD)).

Concernant les Actions n° 11, 14 et 15 : Mieux prendre en charge la santé somatique des personnes vivant avec des troubles psychiques, les professionnels du secteur des addictions devront aussi apporter leurs compétences, notamment avec le lien à faire avec une autre priorité de santé les hépatites mais aussi les maladies de système liées aux addictions.

La Fédération Addiction suivra donc avec attention la mise en œuvre de ces 37 actions et se fera le relai des propositions et des expériences concluantes portées par les acteurs sur les territoires.