Tabagisme : chiffres récents, cigarette électronique… le point sur l’actualité

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Cigarette électronique : où en est-on ?

La cigarette électronique a le vent en poupe. Le Monde a publié récemment un article sur ces « fumeurs du 3e type », les « vapoteurs ». Pourtant, l’enquête commandée par Marisol Touraine en mars 2013 sur les dangers de ce produit n’a pas encore annoncé ses résultats, et les cigarettes électroniques n’ont pas obtenu d’autorisation de mise sur le marché. La Fédération Addiction et le Respadd ont publié en septembre 2012 un communiqué de presse incitant à la prudence quant à son utilisation. Les deux réseaux déconseillent la vente de ces produits dans les établissements de santé et dans tous les lieux recevant des patients (notamment cafétéria et points presse) et recommandent aux professionnels de santé hospitaliers et médico-sociaux de privilégier les pharmacothérapies existantes en accès libre. Jean-Pierre Couteron, président de la Fédération Addiction, a toutefois précisé lors de son passage à BFM TV que la cigarette électronique était un moindre mal, sous réserve de résultats plus avancés des études en cours, et pouvait potentiellement constituer un outil de réduction des risques en matière de tabagisme.

Jean-François Etter vient de publier un ouvrage documenté sur ce sujet : « La cigarette électronique, une alternative au tabac ? ». Ce livre présente ce que l’on sait actuellement sur les cigarettes électroniques, sur leur toxicité et leur efficacité, sur les liquides de remplissage, sur la dépendance à la nicotine et sur l’arrêt du tabac, et il propose une réflexion approfondie qui devrait aider les consommateurs, les professionnels de santé et les décideurs à prendre des décisions quant à ces produits.

Prévention et dissuasion

Sur le front de la prévention, de nombreux outils sont régulièrement créés et diffusés, par les associations notamment. Citons l’association ECLAT-GRAA (Nord Pas-de-Calais), qui a réalisé un court-métrage à destination des jeunes sur l’industrie du tabac et ses manipulations, qui permet au spectateur de s’interroger sur  sa propre consommation. Voir le film « Entre mes doigts ».

Du côté des pouvoirs publics, l’un des outils privilégiés de lutte contre le tabagisme est depuis plusieurs années la hausse de la fiscalité, encore tout récemment programmée dans la loi de financement de la sécurité sociale pour 2013 (cf article 23).

Un tiers des Français fume

Rappelons que le tabac est la première cause de mortalité évitable en France ; on évalue à 73 000 le nombre de décès prématurés qui y sont liés (données Inpes). L’enjeu de santé publique est de taille, saisi par les pouvoirs publics depuis de nombreuses années. Ces politiques de lutte contre le tabagisme viennent d’être évaluées par MM. Denis Jacquat et Jean-Louis Touraine, rapporteurs pour le Comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques, dans un rapport paru le 28 février 2013. Ce document rappelle que les risques liés au tabagisme sont globalement sous-estimés par la population. Il coûterait 12 milliards d’euros par an au régime général de sécurité sociale, et son coût social total serait évalué à 47 milliards d’euros – loin des 15 milliards de recettes fiscales récoltés chaque année. Malgré des efforts pour faire évoluer la situation, les rapporteurs soulignent des failles dans le dispositif d’observation, des moyens administratifs dispersés et des moyens budgétaires limités. Les résultats de la lutte contre le tabagisme sont par conséquent insuffisants, comme le montre la remontée de la prévalence des fumeurs entre 2005 et 2010.

Sur le plan statistiques, l’OFDT publie régulièrement des données sur la consommation de tabac et des indicateurs sur les ventes de cigarettes, de tabac à rouler et de substituts nicotiniques. Dans son tableau de bord de 2011, l’observatoire rappelle dans sa conclusion que « la prévalence tabagique quotidienne chez les adultes (passé de 27,3 % à 29,1 % entre 2005 et 2010, d’après le Baromètre santé 2010) se trouve confirmée chez les jeunes : d’après l’enquête ESCAPAD 2011, ils sont 31,5 % à fumer quotidiennement contre 28,9 % en 2008. »
En 2012, l’OFDT note toutefois une première baisse notable des ventes de tabac chez les buralistes depuis 2005, « en rupture avec plusieurs années de stabilité, seulement marquées par un report de la consommation d’une partie des fumeurs vers le tabac à rouler, moins cher ». L’augmentation des prix des cigarettes semble avoir permis d’inverser la tendance de consommation, bien que l’absence de mise en regard des données sur les achats transfrontaliers incite à relativiser cette conclusion. Toutefois, les ventes de traitements aidant à l’arrêt du tabac sont également en hausse, tout comme les consultations de tabacologie.