Tabac et alcool au révélateur du confinement – Les données de Santé publique France

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Communiqué du 13 mai 2020

Les données de Santé publique France confirment que la relation des consommateurs aux substances addictives est plus complexe qu’il ne l’est parfois dit. Loin des « vagues » ou « déferlantes » d’un fléau inévitable, l’alcool, la « drogue » … les évolutions de consommation en temps de confinement, parfois contradictoires, dévoilent la diversité des facteurs causaux : les produits bien sûr dont le pouvoir addictif spécifique est variable selon les substances (tabac fumé plus addictif que l’alcool par exemple), l’environnement avec les effets de groupe, le marketing, le marché, l’accessibilité, l’image (l’abus d’alcool plus « pénalisant » socialement que le tabagisme). Mais aussi fondamentalement, ces évolutions confirment le rôle essentiel des vulnérabilités individuelles : le risque addictif et de perte de contrôle est plus important chez les personnes stressées, anxieuses, éprouvant dépression ou mal-être, qui trouvent dans le produit un illusoire apaisement passager au prix parfois de complications ultérieures.

La crise du COVID, l’angoisse générale, amplifiée parfois par l’ambiance oppressante du confinement et par la rupture des régulations sociales, ont donc eu des conséquences différentes selon les sujets et les produits. Les personnes les plus vulnérables et fragiles ont pu amplifier leur consommation problématique de « briseurs de soucis » (tabac, alcool, drogue, jeu…). Ceux qui avaient une consommation non-addictive ou festive ont pu en réduire le niveau, faute d’occasions ou par choix de priorités existentielles. Selon l’étude de SPF, un quart des Français ont ainsi réduit leur consommation d’alcool pendant le confinement, quand 11 % à l’inverse l’augmentaient. Les fumeurs de tabac, en revanche, étant presque toujours dépendants, du fait du pouvoir addictif intense de cette substance, ont moins eu cette liberté de choix et plus d’un quart des fumeurs ont augmenté leur consommation de tabac pendant le confinement.

Le stress ambiant et le confinement ont ainsi aidé à évaluer et caractériser notre relation aux produits psychoactifs, révélant les places et les fonctions différentes qu’ils peuvent occuper dans la vie des personnes depuis la simple recherche de détente pour certains jusqu’à l’addiction pour d’autres.

Certains auront pu découvrir à cette occasion, dans ces étranges circonstances, qu’ils avaient peut-être un peu déjà perdu le contrôle de leurs consommations…

La relance du « Dry January », initiée par l’association Adixio2 en lien avec la  Fédération Addiction, les nombreuses alertes médiatiques, la mobilisation des groupes d’auto-support et des aides en ligne avec les numéros verts alcool, drogues, joueurs et tabac info service, gérés par Santé Publique France (27 % d’appels en plus sur le mois d’avril) ainsi que les efforts des différents acteurs institutionnels ou associatifs, ont pu aider les personnes concernées à reprendre le contrôle de leurs usages et si besoin à établir un accès aux différents propositions de soins et d’accompagnement.

Pour les 200 associations ou hôpitaux, du réseau de la Fédération Addiction et son pôle de Médecine générale exerçant en ville, il est important de préserver et accentuer cette dynamique, où chacun, ville, hôpital, médico-social et auto-support, apporte ces spécificités d’accompagnement pour la réussite d’un déconfinement qui doit associer contrôle de l’épidémie et reprise d’une vie sociale et économique.

 

Contact : Nathalie LATOUR – Déléguée Générale de la Fédération Addiction
n.latour@federationaddiction.fr – 01.43.43.72.38

 

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Retrouvez également le communiqué officiel de Santé Publique France