Sulfate de morphine en médecine générale – lettre du pôle MGA à la DGS

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Le 3 mai dernier, le pôle Médecine Générale Addictions de la Fédération a envoyé un courrier au Directeur Général de la Santé l’alertant sur la gravité de la situation rencontrée par les médecins généralistes assurant des prescriptions de Sulfate de morphine (Skénan) à visée substitutive pour des patients en échec avec la méthadone, et lui demandant d’agir.

Le sulfate de Morphine n’a pas d’indication substitutive ; selon son autorisation de mise sur le marché, il est prescrit dans une visée antalgique. Ces prescriptions se confondent avec les prescriptions hors protocole et à haute dose à visée substitutive, pour des patients qui sont en échec avec la Méthadone. Ces prescriptions très nombreuses sont possibles uniquement via le protocole L 324-1 de la sécurité sociale que le médecin conseil de la CPAM valide ou non à la demande du prescripteur. Ce protocole est établi par une simple circulaire datant de 1996 et entériné par une lettre de la DGS aux médecins conseils en 2015.

Une situation intenable

Sur le forum MG Addictions, de nombreux praticiens ont témoigné de refus et de rupture de protocole par la CPAM, parfois brutalement, sans laisser le temps aux praticiens de proposer une alternative thérapeutique à leurs patients : relais méthadone, réduction progressive de la posologie de Skenan notamment. Cette situation aura immanquablement de lourdes conséquences pour les patients en termes de rupture de soins, de perdus de vue et de prises de risques pour leur santé.

Devant ce constat et devant l’hypocrisie de la situation qui consiste à n’exercer aucun contrôle sur les prescriptions de skénan dans une visée substitutive et à refuser voire sanctionner les médecins qui le prescrivent pourtant dans une dynamique thérapeutique et tentent de faire entrer leur patients dans un cadre de soin, le pôle MGA de la Fédération Addiction a écrit un courrier circonstancié à la Direction Générale de la Santé demandant une évolution du cadre de prescription de ce produit de santé.

Des travaux à prévoir

La Direction Générale de la santé a répondu (en date du 16 juillet) être informée du constat et avoir mandatée la commission des stupéfiants de l’ANSM pour évaluer les besoins et les modalités pratiques d’une évolution de ce cadre pour les sulfates de morphine.

La Fédération Addiction et son pôle de Médecine Générale suivront ces travaux autant que les évolutions sur le terrain à l’avenir.

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