Risques liés à l’injection de buprénorphine

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En 2011, le réseau français des CEIP a été alerté par des signalements de lésions cutanées survenant suite  au mésusage de la buprénorphine haut dosage (injection par voie intraveineuse à partir des comprimés sublinguaux) dont certaines ont évolué vers une nécrose. 27 cas ont été notifiés sur une période d’un an, dont 23 cas avec les génériques du Subutex® et 4 cas avec le Subutex®. La taille des particules contenues dans les excipients pourrait expliquer cette différence. Le CEIP de Nantes a fait une communication sur le sujet au XVIIe Congrès de physiologie, de pharmacologie et de thérapeutique.

Lors de sa séance du jeudi 21 mars 2013, dont le compte-rendu a été mis en ligne le 25 avril, la commission des stupéfiants et psychotropes de l’ANSM (Agence Nationale de Sûreté du Médicament et des produits de santé) s’est prononcée en faveur de la poursuite de la surveillance assurée par le réseau des CEIP et la mise en œuvre d’investigations supplémentaires sur le rôle des excipients dans la survenue des lésions induites par l’injection de Buprénorphine Haut Dosage (Subutex® et ses génériques). Elle préconise aussi un renforcement des mesures de prévention et d’information auprès des patients via les professionnels de santé sur les risques liés au mésusage de la buprénorphine haut dosage par voie intraveineuse. Enfin, les membres de la commission ont souhaité que la communication sur la prise en charge des patients sous buprénorphine réalisée en 2011 par l’Agence soit renouvelée.

De son côté, le Flyer publie un communiqué dans lequel il s’interroge autour de la substitution injectable :

  • S’il y a un risque d’injection, faut-il vraiment contraindre les usagers de drogues à prendre un générique pour des raisons économiques sachant qu’en cas d’injection le risque de complication est plus élevé ?
  • Le générique de Subutex® doit-il être réservé aux non-injecteurs (ou supposés tels), si la délivrance des génériques doit se généraliser ?
  • Doit-on inciter les fabricants de génériques à changer leurs excipients, si ce sont eux qui sont responsables de complications ?
  • Le Subutex®, est il amené à devenir la buprénorphine de l’injecteur (ou supposé tel) ? Si c’est le cas, doit on admettre le mésusage comme inscrit dans le marbre de la politique en matière de TSO ?
  • Y aura-t-il alors une image qui collera à la peau des usagers, selon qu’ils prennent le princeps ou un générique (bon ou mauvais toxico, ce qui est parfois déjà le cas) ?
  • Sachant que Suboxone® n’est pas une alternative pour tous les injecteurs, quelles sont les autres solutions ?
  • L’élargissement de la primo-prescription de méthadone (réputée moins injectable) en médecine de ville doit-il être inclus dans cette réflexion ?
  • Faut-il, comme le préconise certains, mettre sur le marché une substitution injectable ?
  • Dans ce cas, doit-il s’agir de buprénorphine, ou doit-on imaginer directement l’héroïne injectable médicalisée (comme l’ont fait nos voisins suisses depuis des années) ?
  • Qu’en est-il du sniff de buprénorphine (sachant que cette pratique est probablement plus fréquente que l’injection, même si elle est moins étudiée) et y a-t’il là aussi une différence en termes de risques encourus par les usagers ?

>> Lire le communiqué du Flyer sur le site d’Asud