Sevran Épisode 2 : toujours plus de seringues qui traînent et toujours moins de solutions !

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Des seringues qui traînent… la Fédération Addiction relaie le communiqué de presse du Réseau Français de Réduction des Risques du 25 avril 2013.

Sevran Épisode 2 : toujours plus de seringues qui traînent et toujours moins de solutions !

 

A chaque semaine son événement, à chaque jour sa mauvaise nouvelle : des enfants qui se piquent avec des seringues,  un usager qui s’injecte devant une école,  et hier cinq seringues de plus découvertes dans la ville de Sevran…  En attendant un prochain drame !

Les habitants de ces quartiers qui  affrontent le plus dur de la crise, qui supportent les dommages liés au trafic et à l’usage dans l’espace public,  souffrent de ce qui fut pendant cinq ans la mise à mal de la politique de réduction des risques. La mode était à la tolérance zéro, au refus de toute innovation et du développement du dispositif en place.  Le résultat est on ne peut plus parlant : à viser un objectif aussi utopique que l’éradication de la drogue, nous récoltons l’explosion de ses dommages.

Nous ne cesserons de répéter qu’aucune stratégie unique de guerre à la drogue ne répondra à des problèmes dont les causes sont multiples. Suspendre la distribution de seringues, comme le demande Mr Gatignon, est un argument démagogique et qui ne servirait à rien d’autre qu’à augmenter localement le nombre d’usagers porteurs de virus du VIH et de l’hépatite C et à déplacer dans le quartier d’à coté les dommages actuels, suivis par les CRS appelés à la rescousse pour rassurer la nouvelle population excédée.

L’aveuglement et la pensée unique s’oppose à des réponses équilibrées comme la mise en place de poubelle récupératrice, le développement d’équipes de médiations et de ramassage, et celui d’espaces de consommation sécurisés où un premier travail d’éducation peut se faire avec les usagers les plus en rupture.

A celles et ceux qui attendent encore plus de CRS pour résoudre le problème,  faut-il rappelé ce qu’avait promis le dernier ministre de l’intérieur du président Sarkozy ou citer ce que déclarait le ministre de l’intérieur du Président Hollande ? Chacun  apporte les CRS qu’il reprendra quand l’actualité déplace ses projecteurs vers une autre ville.

Aux hypocrites qui refusent  la mise en place de salle de consommation au nom de l’exemple donné à la jeunesse, faut-il demander si les enfants de ces quartiers méritent de jouer avec des seringues ?

Aux donneurs de leçon affirmant « qu’il n’y a qu’à soigner les toxicomanes», même de force, faut-il rappeler les étapes nécessaires pour reprendre le contrôle d’un comportement de dépendance et la catastrophe sanitaire des années 90 avec le Sida  ?

Nous demandons une relance de la politique de réduction des risques avec la mise en place de diagnostiques locaux,  l’expérimentation de plusieurs salles de consommation à moindre risque, et le développement du dispositif existant (notamment la médiation) partout ou cela est nécessaire.

Contacts presse
06 63 55 65 54 / 06 03 44 60 38
Pierre Chappard – Jean-Pierre Couteron, co-auteurs du livre « Salle de shoot, les salles de consommation à moindre risque dans le débat français », Edition de La découverte