Retour sur la journée régionale « Addictions et précarité : quelle réduction des risques pour les femmes ? »

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photo3Dans le cadre du projet Femmes et addictions, une journée régionale a été organisée le 12 mars 2015 à Besançon, par l’Union Régionale Franche-Comté de la Fédération, avec le soutien de la MILDECA Préfecture du Doubs. Elle avait pour thématique « Addictions et précarité : quelle réduction des risques pour les femmes ? ».

Pourquoi s’interroger sur la question de l’accueil des femmes ?

L’expérience clinique et les études réalisées dans de nombreux pays montrent que femmes et hommes n’ont pas les mêmes comportements, usages et facteurs de risques face aux addictions. Dès l’enfance, une distinction s’opère via des modes de socialisation masculins et féminins ; à l’adolescence, les codes sociaux de genre de nos sociétés contemporaines influencent, avec d’autres facteurs comme l’âge ou le milieu social d’appartenance, l’usage des psychotropes.

C’est dans ce cadre que la Fédération Addiction travaille, depuis 2012, sur la question de l’accueil et l’accompagnement des femmes dans les établissements d’addictologie, en recueillant les expériences des professionnels et en réfléchissant à l’évolution des pratiques. Elle a mis à disposition en 2013 trois supports pour les professionnels des addictions :
* une revue de littérature internationale, réalisée par l’IAC (Institut d’Anthropologie Clinique de Toulouse)
* une base d’expériences en ligne
* une brochure de repères pour les professionnels qui souhaitent mettre en place une action spécifique pour les femmes au sein de leur structure

En 2014, la Fédération a repris et poursuivi ses travaux avec le soutien de la MILDECA. Elle travaille actuellement à l’élaboration d’un guide à destination des professionnels des CSAPA et CAARUD pour les aider à penser et adapter leur accompagnement aux femmes.

La journée régionale « Addictions et précarité : quelle réduction des risques pour les femmes ? »

Les femmes en situation d’addiction qui vivent dans des contextes de précarité cumulent les difficultés : ressources financières réduites, isolement, situations de violences, difficultés de logement, états de santé préoccupants, recours fréquents à la prostitution… Reléguées aux marges de la société, loin des normes féminines dites traditionnelles, elles sont bien souvent stigmatisées, et difficiles à rencontrer pour les professionnels des secteurs sanitaires, sociaux et médico-sociaux.

Comment « aller vers » ces femmes ? Quels dispositifs mettre en place et comment adapter l’accompagnement à leurs problématiques spécifiques ? Quels partenariats tisser pour mieux prendre en compte certaines difficultés qu’elles rencontrent ?

Une soixantaine de participants sont venus échanger autour de ces questions.

Le matin, après un point sur les travaux de la Fédération sur les femmes et les addictions, Bénédicte Bertin, coordinatrice de l’Espace Femmes du CAARUD Boutique 18 à Paris, est venue présenter le travail de sa structure. Le documentaire « Ces Dames », paru en 2014 et tourné dans l’Espace Femmes, a été ensuite projeté, suscitant de nombreuses réactions parmi les professionnels.

L’après-midi, un premier temps d’échange a concerné plus spécifiquement la question des violences faites aux femmes :
* quels leviers juridiques pour les professionnels ? Intervention de Caroline Stresser, juriste au CIDFF de Besançon
* l’exemple du Relais des femmes de Montereau, présenté par Isabelle Mayor, cheffe de service de l’établissement

La dernière séquence a été consacrée à deux exemples régionaux d’amélioration de l’accompagnement des femmes en situation d’addiction :
* une consultation avancée d’addictologie en CHRS présentée par Myriam Bougnon, psychologue au CSAPA Solea, Besançon
* une consultation sage-femme en CSAPA présentée par Myriam Peter GAFC, Nord-FC