Recommandations de la DIHAL sur addictions et santé mentale : la RDR en appui des structures hébergement

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Travaillant depuis longtemps en lien avec la DIHAL et fort de l’expérience partenariale avec la Fédération des Acteurs de solidarité depuis 8 ans, nous avons ensemble identifié le besoin d’un appui sur les structures d’hébergement dans le contexte de confinement pour l’accompagnement des personnes accueillies et ayant des usages de substances.

La note que nous avons élaborée a été validée par la cellule de crise du ministère avec la DGS et DGCS. Elle est transmise pour information à tous les préfets.

C’est une avancée majeure.

Cette note donne des messages clairs sur les enjeux et sur les principes à adopter dans le cadre d’une structure d’hébergement, en collectif et individuel en termes de prévention, d’accompagnement et d’appui. Ces axes de réduction de risques portés dans une note institutionnelle sécurisent les professionnels dans leurs pratiques et les structures dans les cadres collectifs à adopter (voir résumé ci-dessous).

Elle doit être largement diffusée et utilisée pour avancer ensemble et adapter un accompagnement au plus près des personnes en tenant compte de leurs besoins, situations, possibles et envie.

Les ressources disponibles

Les ressources disponibles sont aussi un levier d’appui, il faut donc continuer à les mobiliser, en renvoyant vos modalités d’ouverture et d’accueil à Adalis (Santé publique France), en créant des liens avec les collègues des centres hébergement.

Nous allons poursuivre l’élaboration de contenus comme nous avons commencé à le faire

Avec les apports précieux du collectif modus bibendis.

✉️ Faites nous remonter vos expériences de partenariat de terrain sur cette question ! Écrivez à  infos@federationaddiction.fr

Recommandations santé mentale et addiction – Covid 19 : contenu

La note s’adresse aux Centres d’hébergement, résidences sociales, pensions de famille, centres spécialisés Covid, Foyers des Travailleurs Migrants. Voici ce qu’elle indique :

Risques liés à la situation de confinement

  • Augmentation du stress et de l’anxiété avec des réactions de colère, d’évitement, de violence envers soi-même ou les autres. Décompensation de troubles psychiatriques pour des personnes jusqu’alors stabilisées ;
  • Difficultés d’accéder aux produits psychoactifs pour les personnes consommatrices pouvant entraîner des violences liées aux situations de manque ;
  • Consommation d’alcool rapidement et en forte quantité par peur du manque avec risques de troubles du comportement et de chutes ;
  • Rupture du confinement pour accéder aux produits habituellement consommés (contacts rapprochés sur les lieux de deal ; sorties fréquentes pour acheter et consommer notamment de l’alcool).

Mesures préventives à l’échelle individuelle et collective dans les établissements : les professionnels ont des savoir-faire qu’il s’agira de soutenir.

  • Concernant l’alcool : poser un cadre clair (en associant les personnes aux prises de décisions) et en informer tous les résidents.
  • La consommation d’alcool doit être permise au sein des structures d’accueil collectif et une aide à la gestion des consommations pourra être proposée. Ces mesures exceptionnelles seront inscrites dans le règlement de fonctionnement de la structure et seront maintenues durant toute la période de confinement.
  • Ne pas contraindre les consommations mais les sécuriser et ajuster les accompagnements aux besoins de chaque résident.
  • Ne pas imposer de quantité maximale car le manque entraînera des surconsommations rapides qui sont à risque (troubles du comportement, chutes, etc.)
  • Être informés sur les effets de sevrage en cas d’arrêt brutal ou de surdosage en cas de surconsommation soudaine.
  • Associer autant que possible l’alimentation à la consommation et inciter les personnes à se réhydrater régulièrement.
  • Être vigilant autant que faire se peut aux associations de différents produits psychoactifs.