Rapport Trend – Phénomènes émergents liés aux drogues en 2010 : tendances récentes sur le site de Rennes

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Elaboré par Mylène Guillaume et Guillaume Pavic, ce document fait le point sur l’évolution de la consommation de drogues en 2010.

Les principaux faits marquants

LE CONTEXTE
Les observations en milieu urbain
Les services d’application de la loi ont relaté une augmentation des arrestations liées aux affaires de stupéfiants (notamment pour l’héroïne) qui serait davantage liés à la mise en place d’une politique plus répressive qu’à une réelle augmentation du trafic. Concernant les populations observées, cette année a été marquée par des climats de violence particulièrement forts. Dans la communauté des usagers de drogue par voie intraveineuse, les professionnels relatent une radicalisation des pratiques (en artérielle par exemple) entraînant une majoration des prises de risques et des dégâts sanitaires.
Les observations en milieu festif
En 2010, la scène festive bretonne est restée globalement très active tant pour les festivals de type « grand public » que pour les rassemblements (légaux ou illégaux) de musique électronique. Les observations ont permis de déterminer deux typologies distinctes et opposées d’usagers de produits psychoactifs en milieu festif :
– usagers avec des consommations « défonce » pour lesquels l’éducation par les pairs ne fonctionne plus
– consommateurs raisonnés et raisonnables
Les observations dans les quartiers
Pour la première fois en 2010, le dispositif TREND a mis en place un groupe focal avec les acteurs de terrain de quatre quartiers rennais. Pour trois d’entre eux, les consommations restent discrètes mais le trafic est perceptible. Un quartier semble fonctionner différemment : consommations et trafic visibles et ostensibles.

LES PRODUITS
Les opiacés ou produits sédatifs
L’héroïne a été décrite en 2010 comme un produit très disponible au sein de la communauté des usagers de drogue. On trouve uniquement de l’héroïne marron « rabla ». Les usagers la consomment de plus en plus en la sniffant et en « chassant le dragon » ce qui lui confère une image moins dangereuse.
La disponibilité de la Buprénorphine (Subutex®) est restée constante en 2010. La Méthadone® conserve une bonne image auprès des usagers car elle fournit un sentiment d’apaisement et représente un moyen efficace pour arrêter la pratique de l’injection. Le Skenan® est toujours présent sur le territoire rennais mais sa disponibilité reste circonscrite dans des cercles de toxicomanes au long cours. La chronicité des consommations de Sulfate de Morphine entraîne des prises de risques majeures qui se sont radicalisé au cours de l’année 2010 (injection en artérielle par exemple).
La Kétamine qui jusqu’à présent restait localisé sur les milieux alternatifs a eu tendance en 2010 à sortir de ce champ.
Les produits stimulants
La cocaïne semble en vogue auprès des usagers de type « grand public » mais en perte de vitesse chez les consommateurs réguliers. Son prix reste très élevé (70 euros) malgré une baisse de qualité importante. De son côté, le speed reste majoritairement présent sur la scène festive. Un des faits les plus marquants pour l’année 2010 a été le grand retour de l’ecstasy.
Les perturbateurs ou hallucinogènes
Malgré un niveau élevé de consommation du cannabis, le trafic, sous forme d’herbe, serait en net recul, supplanté par la culture locale. Deux types de culture ont été observés, la production à petite échelle (en appartement) pour assurer sa propre consommation et des filières plus organisée de type semi industriel. Le LSD a largement été disponible sur les évènements festifs en 2010 comparativement aux années précédentes. Comme tous les ans, des consommations de psilocybes ont eu lieu.