Pénurie des métiers de l’humain. Pour pouvoir continuer d’accompagner les personnes vulnérables, il est temps d’agir !

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Lors de son assemblée générale du 15 juin, l’Uniopss — dont la Fédération Addiction est membre — a adopté un motion appelant le président de la République et les députés élus le 19 juin à agir face à la pénurie croissante des métiers de l’humain. La Fédération Addiction interpellera les pouvoirs publics dans les prochains jours sur la nécessité de prendre en compte tous les professionnels des structures y compris la prévention.

À quelques jours de l’échéance du processus électoral, l’Uniopss alerte une nouvelle fois sur la situation dégradée dans les domaines des solidarités et de la santé.

Depuis 1948, le réseau des associations fédérées par l’Uniopss est le plus largement représentatif des organismes sans but lucratif qui accompagne les personnes fragiles ou vulnérables dans les champs du grand âge, des handicaps, de l’enfance en danger, du soin et de la lutte contre l’exclusion.

Nos convictions et notre expertise de terrain s’inscrivent dans l’action quotidienne de dizaines de milliers établissements et services dans lesquels œuvrent chaque jour des millions de salariés et de bénévoles. Héritiers d’initiatives locales de générosité et de solidarité, nous agissons au plus près des territoires par nos unions régionales et, comme au niveau national, auprès des décideurs publics.

Cette connaissance intime de la réalité sociale et notre priorité toujours donnée à la personne humaine et à sa dignité – la personne accueillie ou accompagnée comme le ou la salarié(e) qui prend soin et soutient – ne trouvent pas naturellement leur place dans une société mue par les seuls objectifs de compétition et de performance.

Aujourd’hui, l’Uniopss exprime :

  • Sa grande inquiétude devant le désarroi des acteurs des secteurs sanitaire, social et médico-social et la pénurie de professionnels pour accompagner les plus fragiles. Il y a urgence à prendre des mesures permettant de conjuguer la reconnaissance de l’investissement des salariés et la promotion de la qualité de l’accompagnement de chaque usager ;
  • Son incompréhension quant aux lacunes de la mise en œuvre de la prime de 183 euros annoncée lors de la Conférence des métiers du 18 février. Nos structures à but non lucratif sont en incapacité d’utiliser leurs fonds propres pour palier les revalorisations annoncées qui ne sont pas versées ;
  • Son regret que le comité des métiers n’ait pas été mis en place. Espace de dialogue, il permettrait une démarche globale concernant l’attractivité en mobilisant tous les leviers : revalorisations, qualité de vie au travail, formation initiale et continue,… ;
  • Son alerte sur les conséquences de l’inflation pour nos établissements et services, déjà fragiles financièrement. Des financements publics qui ne prendraient pas en compte les évolutions des prix auraient pour conséquence directe une dégradation des accompagnements et devraient être assumés comme tels.

Devant cette situation, l’Uniopss, ses adhérents et ses unions régionales s’impliqueront dans les initiatives visant à conforter la situation des personnes fragiles et vulnérables, et par là même, celle des salariés de nos secteurs.

Nous appelons le président de la République et les députés qui seront élus le 19 juin à se saisir pleinement et rapidement de cette situation et réaffirmons notre disponibilité pour participer à tous les échanges permettant de trouver des solutions pérennes.