Matériel de protection, test, coordination et accès aux soins : Courrier inter-associatif au ministre de la santé et des solidarités

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Depuis le début de la crise, chaque association et fédération a fait remonter méthodiquement et régulièrement les besoins et les leviers nécessaires pour assurer une continuité de service à la hauteur des enjeux pour les populations à accompagner.

Un certain nombre de mesures ont été prises, cependant certaines restent encore non résolues et elles sont extrêmement problématiques pour les professionnels et les usagers.

Nous avons décidé de nous mobiliser collectivement avec AIDES, la Fédération des Acteurs de la Solidarité, France Santé Habitat et l’UNIOPSS pour écrire au ministre de la santé et des solidarités.

L’accès aux matériels de protection

Ce point est crucial. Les CSAPA CAARUD ACT sont les seuls établissements MS dans la catégorie publics en difficulté spécifiques à ne pas avoir été inclus dans la liste du ministère de la santé et des solidarités.

Extraits :

« La nécessité de poursuivre et de renforcer l’accompagnement global des personnes en situation de précarité et/ou avec des difficultés spécifiques est la responsabilité de nos associations mais cela implique également qu’elles soient soutenues et outillées sur le plan sanitaire. Pour répondre à ces situations, les associations ou organismes de nos réseaux mettent ainsi en œuvre des actions qui mobilisent plus de ressources qu’habituellement, notamment en raison des effets délétères du confinement sur la santé mentale ainsi que sur les situations d’addiction. Mais force est de constater que toutes les modalités d’accompagnement ne sont pas possibles à ce jour en raison de l’absence ou du manque des matériels de protection, des difficultés d’accès de certains professionnels à la garde d’enfants, ou enfin de difficultés de lisibilité et d’accès à l’offre de soins liée ou non à la crise sanitaire actuelle. 

Il est également nécessaire de garantir l’accès des personnels de ces structures et des personnes y étant hébergées au matériel de protection. Or la situation est très inégale aujourd’hui entre territoires. Dans certains territoires, des ARS ou des DRJSCS ont levé les restrictions d’accès au matériel de protection et entrepris des concertations avec les associations de nos secteurs ; dans d’autres territoires hélas, des défauts de gouvernance territoriale sont observés et mettent à mal l’accompagnement des personnes effectués par nos associations.

Elle est également inégale selon le type de structures. Alors que les Lits Halte Soins Santé (LHSS), les Lits d’Accueil Médicalisés (LAM) dans le secteur médico-social sont inclus dans la liste des établissements pouvant bénéficier de matériels de protection depuis peu, les Centres de Soins d’Accompagnement et de Prévention  en addictologie (CSAPA) ambulatoires et résidentiels, les Centres d’Accueil, d’Accompagnement à la Réduction de Risques pour Usagers de Drogues (CAARUD), les Appartements de Coordination Thérapeutiques (ACT) qui accueillent déjà des personnes à hauts risques car souffrant de pathologies chroniques, en sont à l’heure actuelle exclus. Ne pas vouloir inscrire ces établissements du fait de la pénurie de masques pourrait avoir des conséquences néfastes pour les publics et les professionnels de ces structures. Nous demandons donc à ce que ces établissements soient reconnus comme partie prenante du secteur médico-social.« 

Les tests de dépistage

Extrait :

« Tout d’abord, il est nécessaire de permettre aux personnes, salariées et bénévoles, intervenant dans les établissements ainsi qu’aux personnes accompagnées de se faire dépister : les établissements médico-sociaux du secteur « PDS » (publics en difficultés spécifiques) doivent pouvoir le faire, Pour les personnes précaires, il est décisif de permettre aux tests de dépistage ou diagnostics de sortir des laboratoires et d’aller au plus près des personnes notamment en CSAPA/CAARUD. Les établissements en ont une bonne expérience avec la mise en place des Tests Rapides d’Orientation Diagnostic (TROD)VIH et VHC ou même des PCR (avec le GeneXpert VHC, un tel dispositif de diagnostic moléculaire vient d’être autorisé le 21/03 aux USA par la FDA pour le SARS-CoV-2), leur savoir-faire doivent être pris en compte et mis à profit dans le circuit de dépistage COVID 19 à venir. »

Les enjeux de cette mobilisation et de la nécessité de poursuivre les accompagnements

Extrait :

« Les personnes accueillies par ces dispositifs sont souvent porteuses de maladies chroniques du fait de conditions de vie, d’alimentation, de travail, et d’accès aux soins dégradées qui en font autant de personnes vulnérables au virus, en raison des nombreuses comorbidités auxquelles elles peuvent être confrontées. Elles vivent pour certaines dans des conditions complexes de promiscuité qui peuvent être encore plus difficiles à supporter en cette période de confinement et qui rendent le respect des gestes barrières compliqué majorant de fait leurs risques d’exposition au COVID 19. De nombreux cas invisibles de personnes en situation de précarité et de personnes en usage de substances vivant une grande souffrance sociale, psychique et des risques sanitaires majeurs sont remontés en ce sens dans nos réseaux respectifs. 

La nécessité de poursuivre et de renforcer l’accompagnement global des personnes en situation de précarité et/ou avec des difficultés spécifiques est la responsabilité de nos associations mais cela implique également qu’elles soient soutenues et outillées sur le plan sanitaire. Pour répondre à ces situations, les associations ou organismes de nos réseaux mettent ainsi en œuvre des actions qui mobilisent plus de ressources qu’habituellement, notamment en raison des effets délétères du confinement sur la santé mentale ainsi que sur les situations d’addiction«