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Marche mondiale Pour le Cannabis : repenser la politique des addictions de manière globale

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Le samedi 4 mai a eu lieu la marche mondiale annuelle du cannabis. Depuis 1999, cette manifestation se tient dans plus de 800 villes, à Paris, en province,  comme à Los Angeles, Tokyo, Moscou ou Tel Aviv. Elle rassemble ceux et celles qui demandent des alternatives à la prohibition, partisans d’une réforme de la politique en matière de stupéfiants, pour une réglementation plus juste et humaine (en particulier pour le cannabis).

Cette année, alors que le débat sur la régulation du cannabis est relancé par l’action des Cannabis Social Clubs (coopératives de production qui défendent une production partagée du cannabis et dont la consommation est réservée aux producteurs), que les électeurs de deux États des USA ont fait il y a quelques mois le choix d’une politique plus libérale, que la question du cannabis médical a de nouveau été abordée en France, cette marche n’a rencontré qu’un faible écho.

Les revendications actuelles concernant le statut pénal du cannabis en France sont multiples et peuvent induire une certaine confusion : les uns souhaitent dépénaliser le cannabis thérapeutique dans un cadre médical spécifique, d’autres revendiquent le droit d’utiliser le cannabis comme un produit festif, à l’égal de l’alcool et d’autres substances, mais n’osent pas aborder la question de l’âge, des circonstances d’usage (conduite automobile, etc..).

La loi de 1970, qui pénalise l’usage du cannabis, qu’il soit occasionnel ou régulier, chez un adulte ou un mineur, n’a pas su en endiguer la consommation : les jeunes Français sont parmi les plus gros consommateurs de cannabis d’Europe ! Et pourtant, cet interdit pénal persiste et rassure une opinion publique qui tend à le confondre avec l’interdit éducatif dont chaque parent est responsable.

La question de la régulation de l’usage doit être posée dans le sens d’une cohérence globale des actions et réponses. Car les contradictions sont nombreuses : les buralistes vendent déjà de plus en plus de matériel pour consommer un cannabis qui reste interdit, et de récents sondages professionnels montrent qu’ils seraient même prêts à le commercialiser ! Sur internet, les « nouvelles drogues » s’achètent et se vendent, souvent sans aucune réglementation adaptée, ni pour protéger l’acheteur, ni pour en limiter les dommages…

Tout en militant pour une autre politique (voir la Charte pour une autre politique des addictions), les professionnels continuent de proposer aux consommateurs et à leurs familles des réponses plus adaptées que la pénalisation aveugle, via par exemple le dispositif des Consultations Jeunes Consommateurs (CJC), ou son soutien au repérage par les acteurs de santé de premier recours.