Manuel alcool et jeunes


Auteur : CIRDD Bretagne
Date de parution : mars 2013

Le CIRDD Bretagne a publié en mars 2013 un manuel intitulé « Alcool et jeunes : les mesures les plus efficaces pour réduire les méfaits liés à la consommation d’alcool. Synthèse des connaissances et exemples d’actions ». La présentation powerpoint qui accompagne le manuel peut être utilisée dans le cadre d’actions de formation, conférences, séminaires…

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Ce manuel décrit les mesures les plus efficaces pour limiter les problèmes liés aux consommations excessives d’alcool des jeunes. Il s’adresse à l’ensemble des personnes concernées par la thématique : acteurs de terrain, décideurs des politiques publiques, élus, collectivités locales, services de l’état, associations… Réalisé à partir d’une revue de littérature internationale approfondie, il a pour ambition de rendre abordables des données scientifiques complexes tout en présentant en encadré des exemples concrets choisis pour leur adéquation avec les recommandations.

Résumé du manuel

« On distingue généralement deux grandes familles de mesures pouvant s’inscrire dans une « politique de l’alcool » : les mesures structurelles, d’une part, qui visent à modifier l’environnement et le contexte de consommation d’alcool, et les mesures de prévention, agissant quant à elles directement sur les comportements individuels. Trop souvent considérées de manière distincte, selon une optique opposant le champ de la répression à celui de la prévention, ces deux types d’actions sont toutefois absolument complémentaires.
L’impact de certaines mesures structurelles en termes de réduction des conséquences néfastes des alcoolisations (accidents, violence, problèmes sanitaires…) est largement démontré. Les plus efficaces d’entre elles sont l’augmentation des prix de l’alcool, l’encadrement réglementaire de la vente d’alcool, la fixation d’un âge minimum requis pour l’achat d’alcool, les actions de sécurité routière, la limitation de la publicité et, enfin, la prévention situationnelle. Ces mesures reposent sur le constat selon lequel il est possible de limiter les consommations excessives d’alcool en modifiant l’environnement au sens large. Il s’agira notamment de rendre l’alcool plus difficilement accessible, notamment pour les mineurs via un contrôle de la vente, une hausse des prix ou la formation des personnels de la nuit par exemple. Un autre levier d’action consistera à modérer l’attractivité sociétale du « produit alcool » en réglementant de manière stricte la publicité ou le marketing. Enfin, il s’agira de dissuader les consommateurs de prendre certains risques (au volant notamment) par crainte de la sanction policière. Ces approches reposent donc sur l’idée selon laquelle on peut protéger un individu en agissant sur des facteurs de risque environnementaux, qui par définition lui sont extérieurs. Ces mesures étant généralement mal perçues par le grand public, il importera de mettre en place des actions d’information et sensibilisation destinées à renforcer leur acceptabilité sociale. Les médias pourront jouer un rôle pédagogique en ce sens.
Le mécanisme sur lequel reposent les mesures de prévention, également appelées mesures éducatives, est tout autre. La prévention postule qu’il est possible d’inciter un individu à modifier de son plein gré et de manière durable ses comportements, pour peu qu’il reçoive un ensemble de messages et d’outils adaptés qui lui permettront de maîtriser les décisions et actions qui influent sur sa santé. Bien que l’impact de ce type de démarches soit délicat à évaluer, en raison de la complexité des mécanismes impliqués dans le changement social, plusieurs critères d’efficacité sont détaillés dans la littérature. Pour être efficaces, les actions de prévention doivent répondre aux impératifs suivants :
(1) Ne pas se contenter de transmettre un savoir.
(2) Communiquer à travers des messages adaptés (apport des sciences psycho-cognitives)
(3) S’inscrire dans une démarche de promotion de la santé (approche globale).
(4) S’inscrire dans la durée.
(5) Intervenir à différentes étapes de la vie des jeunes et en fonction de la population concernée.
(6) Articuler interventions universelles (à destination de tous les jeunes) et interventions sélectives (à destination des jeunes les plus à risque).
(7) S’adresser aux jeunes de manière appropriée (approches respectueuses et non moralisatrices…)
(8) Impliquer les jeunes dans l’élaboration, la mise en oeuvre et l’évaluation des actions.
(9) Impliquer les familles, en intervenant au besoin dès la petite enfance.
(10) S’intégrer à un dispositif à composantes multiples mobilisant de nombreux partenaires.
Enfin, il importe de rappeler qu’une mesure isolée, aussi bien conçue soit elle, ne présente à elle seule que peu d’intérêt. Pour qu’une « politique de l’alcool » soit efficace, il faut veiller à combiner plusieurs types d’actions qui agiront sur différents aspects du problème, le tout dans le cadre d’un dispositif global impliquant une multitude d’acteurs. Enfin, l’efficacité de cette politique dépendra tout autant de son contenu que de la manière dont elle sera pilotée et implantée. Le manuel conclue donc en présentant les critères de qualité incontournables en vue d’une mise en œuvre optimale. »
Guylaine Bénec’h – AIRDDS – MARS 2013 – www.cirdd-bretagne.frgbenech@cirdd-bretagne.fr