Le tabagisme en France recule mais reste la première cause de décès évitables

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Comme chaque année, novembre sera le « Mois sans tabac ». Avec plus de 75 000 morts par an, le tabagisme en France est la première cause de décès évitables. Face à ce constat, pouvoir publics et société civile s’engagent afin de réduire le nombre de fumeurs.

En France, trois personnes sur dix fument : un chiffre plus élevé que dans la plupart des pays voisins. Et chaque année, 75 000 personnes meurent des conséquences du tabagisme, ce qui en fait la première cause de décès évitables.

Face à ce constat, le programme national de lutte contre le tabac (PNLT), auquel participe la Fédération Addiction et qui regroupe l’action des pouvoirs publics, des associations et des professionnels, obtient des résultats. Depuis plusieurs années, le tabagisme recule… mais sa prévalence n’est pas uniforme dans la population. Une donnée à prendre en compte.

Nombreuses cigarettes écrasées

Classe sociale, genre : nous ne sommes pas égaux face au tabac

Selon les données de Santé publique France en 2020, 31,8 % des 18-75 ans fument. Ces données cachent toutefois des disparités.

Si les hommes fument traditionnellement plus que les femmes (36,2 % contre 27,7 %), les facteurs socio-économiques jouent un rôle encore plus important. Ainsi, parmi le tiers des Français aux revenus les plus élevés, le tabagisme ne touche que 18 %. À l’inverse, chez le tiers les moins aisés, ce taux est de 33,3 %. Un écart qui a augmenté en 2020 lors du premier confinement : parmi les populations les moins favorisées, la cigarette peut être utilisée pour gérer le stress et les difficultés quotidiennes.

Un plan national qui porte ses fruits

Depuis 2018, le programme national de lutte contre le tabac (PNLT) se fixe notamment comme objectif que les enfants nés en 2014 soient la première génération « sans tabac », c’est-à-dire comportant moins de 5 % de fumeurs. Il s’appuie sur les quatre piliers d’une politique efficace en termes d’addictions :

  • des campagnes de prévention basée sur la motivation ;
  • la régulation de l’accès au produit (interdiction de la vente aux mineurs, prix, paquet neutre) ;
  • un appui de proximité pour les personnes ;
  • l’intervention précoce, avant que la dépendance ne s’installe, et la réduction des riques.


Ces actions fonctionnent : le tabagisme quotidien concerne aujourd’hui 24 % des Français, contre 29 % en 2016. 33 % des fumeurs quotidiens ont fait une tentative d’arrêt en 2019. La vente des traitements d’aide à l’arrêt du tabac — qui sont maintenant totalement remboursés — est en hausse (+4 % en 2020).

Les actions de la Fédération Addiction

La Fédération Addiction prend sa place dans la lutte contre le tabagisme en France, en soutenant différents projets.

En termes de campagne motivationelle, la Fédération Addiction soutient le dispositif Mois sans tabac et y contribue via les différents collectifs associatifs régionaux. À noter sur ce sujet : plusieurs études confirment l’intérêt de la vape comme outil efficace dans l’arrêt du tabac et plusieurs de nos partenaires sont engagés sur cette question.

La Fédération s’implique auprès des jeunes avec notamment Unplugged et Primavera, deux programmes de développement des compétences psycho-sociales, le premier chez les collégiens, le second chez les élèves du CM1 à la 5e, ou avec le projet TABADO chez les lycéens et apprentis.

La question du tabagisme chez les personnes précaires demande des réponses adaptées de la part des professionnels : la Fédération Addiction et la Fédération des acteurs de la solidarité mènent à ce sujet le projet TAPREOSI qui aboutira prochainement à la publication d’un kit d’outils dédiés.

Enfin, l’accès des fumeurs à un accompagnement adéquat reste une question importante. Quelle place peuvent jouer les établissements du secteur spécialisé, et notamment les CSAPA ? Pour répondre à cette question, la Fédération Addiction lance un projet qui pourra aboutir en 2022 à des préconisations.