Le secteur addictologique dans la crise – inquiétudes et action fédérative

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Alors que la crise s’installe dans la durée, les intervenants travaillent en constante adaptation aux mesures sanitaires qui évoluent sans cesse pour répondre aux besoins, attentes du public et des partenaires.

Nous avons des retours du numéro vert géré par Santé Publique France qui semble avoir des appels plus importants, des situations plus complexes, et des retours sur des délais de RDV qui semblent s’allonger. Des partenaires (insertion, exclusion, jeunesse) sont de plus en plus nombreux à vouloir développer des interventions et les sollicitations sont nombreuses.

Certains adhérents nous indiquent des files actives en augmentation, d’autres stables. Afin d’objectiver ces éléments sur le recours au dispositif de soin dans le champ des addictions, nous avons préparé une petite enquête très courte pour recueillir des éléments et nous permettre de vous accompagner pour analyser les leviers visant à améliorer les réponses.

Ce contexte pèse sur les équipes, qui rencontrent en même temps une hausse des demandes de la part d’une population dont les difficultés en santé mentale se font de plus en plus sentir, et une aggravation des situations de leurs publics déjà connus. Du re-confinement plus souple du mois d’octobre à la mise en place de couvre-feu, nous savons que la crise s’installe dans la durée et elle entraine une dégradation de la santé mentale des populations et une précarisation des situations, avec leur corollaire, l’usage de substances psychoactives.Les Unions Régionales comme les acteurs de terrain directement sont de plus en plus nombreux à nous décrire une situation de travail tendue, entre problème de ressources humaines liés aux départs, au difficulté de recrutement et aux isolements des cas-contacts, et hausse des sollicitations de la part des usagers dont la situation s’aggrave, comme des nouvelles demandes qui augmentent.

Cette situation présente des conséquences concrètes et réelles, avec un risque de saturation des établissements et d’épuisement des équipes qui nous invitent à la vigilance.

La Fédération Addiction a souhaité agir pour soutenir et limiter ses risques. Elle a ainsi choisi :
  • d’objectiver cette situation :

Après une première et une seconde phase d’évaluation « à chaud » dès le mois de mai portée par la Fédération Addiction et ses partenaires, qui a permis de rendre compte de la très forte capacité d’adaptation des acteurs de l’addictologie tous secteurs confondus. (cf. article de restitution de l’enquête) en 2020, notre réseau a de nouveau répondu à une enquête pour rendre compte de la situation à un an du début de la crise.

sur le recours au dispositif de soin dans le champ des addictions, nous avons préparé une petite enquête très courte pour recueillir les éléments les plus problématiques, les risques de saturation des services notamment qu’il convient d’anticiper et les leviers à mettre en place pour assurer une offre de service de qualité, malgré la crise.

Les résultats vont nous fournir le matériau pour la sollicitation urgente des pouvoirs publics ; ainsi si vous ne nous avez pas encore fait part de votre situation, vous pouvez toujours répondre à cette courte enquête ici.

  • de faire connaître cette situation aux pouvoirs publics et de demander la mise en œuvre des leviers de gestion de crise :

Devant cette situation, plusieurs leviers sont possibles et les pouvoirs publics peuvent agir. ainsi, la Fédération Addiction a écrit au ministère de la santé et à la MILDECA pour demander :

  • Une structuration de la prévention dans le domaine des addictions qui est aujourd’hui la variable d’ajustement pour aller vers le public concerné ou pour des financements constamment remis en cause par les stop and go liés à la crise ;
  • Un engagement clair sur le fait que le secteur médico-social en addictologie en gestion associative sera aussi inclus dans les prochaines revalorisations salariales ;
  • Un cadre plus précis sur les leviers d’utilisation de crédits déjà fléchés dans le champ addiction (mesures 27 du Ségur où le cadre est très flou et inégal sur les territoires) ainsi que les modalités d’utilisation du fonds addiction (nous sommes en avril et aucun comité stratégique n’a été réuni) ;
  • Rajouter le secteur Médico-social « Personnes confrontées à des difficultés spécifiques » dans la circulaire concernant le Conseil d’investissement en Santé (CNIS)
  • Une évolution des modalités d’adaptation des traitements de substitution  (le groupe de travail de l’ANESM sur les sulfates de morphine notamment est au point mort) ;
  • L’ouverture des assisses de la santé mentale au secteur médico-social addictologie (le comité psychiatrie est composé uniquement d’acteurs hospitaliers) pour travailler sur la mise en place d’approches intégrées
  • La mise en place rapide de la campagne de notoriété concernant les CSAPA/CAARUD/CJC prévu normalement cette année (cf. résultats du fonds addictions 2020)

Retrouver les résultats ci-dessous :