international

L’alcool, toujours un facteur de risque majeur pour la santé en France

publié le  |  Imprimer


Le BEH (Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire)  n°16-17-18, publié en mai 2013 par l’INVS (Institut de Veille Sanitaire), est consacré à l’alcool en France et en Europe.

 

L’alcool, enjeu majeur de santé publique en France et en Europe

Extraits de l’éditorial de Lars Møller, Organisation mondiale de la santé, Bureau régional de l’Europe, Copenhague

« Même si la consommation d’alcool est profondément ancrée dans les cultures européennes depuis des siècles, et s’il tient une place très importante dans notre vie quotidienne et nos célébrations festives, la prévention de ses conséquences néfastes pour la santé n’en est pas moins une priorité de santé publique. La consommation globale d’alcool en Europe est stable, avec d’énormes écarts d’un pays à l’autre mais aussi de nombreuses différences dans les manières de boire, qui vont d’une consommation modérée lors des repas à des épisodes répétés de consommation excessive.
La région européenne de l’OMS enregistre la consommation d’alcool la plus élevée au monde. Au sein de cette région, les consommations les plus fortes se rencontrent en Europe de l’Est et en Europe centrale, où elles continuent d’augmenter. En Europe occidentale, cette consommation reste importante, avec une tendance à décroître lentement. En 1970, en France, les personnes âgées de 15 ans et plus buvaient en  moyenne près de 22 litres/an d’alcool pur (soit 48 g d’alcool pur par jour), ce qui représentait le niveau le plus élevé au monde. En 2009, ce niveau se situait un peu  au-dessus de la moyenne observée dans l’Union européenne (11,8 litres/an/personne de 15 ans et plus, soit 26 g par jour).
Au niveau mondial, l’alcool est considéré comme le troisième facteur de risque de morbidité, après l’hypertension artérielle et le tabac. En Europe occidentale, il est le quatrième facteur de risque, après le surpoids. En France, il a été récemment estimé que l’alcool est responsable d’environ 49 000 décès par an (S. Guérin et coll., pp. 163-8), et l’alcool demeure la seconde cause de mortalité évitable, après le tabac.
Tant la consommation totale que le mode de consommation sont des paramètres importants de la nocivité de l’alcool. Il peut agir sur la santé des individus et sur leur « capital santé » tout au long de la vie, depuis le stade embryonnaire jusqu’au grand âge, mais c’est sur la mortalité des personnes d’âge moyen, et particulièrement des hommes, qu’on observe ses principaux effets. La consommation d’alcool pendant la grossesse expose le foetus à des risques d’altération de son développement cérébral et est associée à des déficiences intellectuelles ultérieures chez les enfants. Le cerveau des adolescents est particulièrement vulnérable à l’alcool : plus son usage s’installe tardivement dans la vie, moins il est probable que la dépendance et les problèmes de santé liés à cet usage surviennent à l’âge adulte. En milieu de travail, l’abus d’alcool accroît les risques d’absentéisme, ou de présentéisme, ou encore de comportements inadaptés.
L’alcool n’est pas nocif que pour le buveur. Ainsi, on estime à 3,3% la proportion des décès attribuables aux effets à autrui de la consommation d’alcool : accidents et blessures en constituent la majeure partie. […]
Des politiques publiques efficaces de lutte contre l’alcool existent et la France a, dans certains domaines, été en pointe, notamment pour ce qui est des restrictions de publicité. Ces politiques se traduisent non seulement par une baisse de la consommation, mais aussi par une nette diminution des effets néfastes qui lui sont liés. La mortalité due aux maladies chroniques du foie représente aujourd’hui moins du tiers de ce qu’elle était dans les années 1970, avec la plus forte baisse relative observée chez les femmes. Les accidents de la route ont eux aussi significativement diminué. […]
La France paie chaque année un lourd tribut à l’usage nocif de l’alcool. Ce numéro du BEH nous permet d’accéder à de nombreuses données sur cette question et contribuera à leur diffusion. Des mesures de santé publique permettant de lutter contre les dommages liés à l’alcool ont été identifiées au cours des dernières décennies. Nous espérons que la France, comme d’autres pays européens, saura s’en saisir pour l’avenir. »

Au sommaire du BEH n°16-17-18

* Mortalité attribuable à l’alcool en France en 2009
* La consommation d’alcool parmi les collégiens en 2010 et les lycéens en 2011, en France
* L’application de l’interdiction des ventes d’alcool aux mineurs en France depuis la loi de 2009. Comparaison entre 2012 et 2005
* La consommation d’alcool des 18-25 ans en 2010 en France : spécificités et évolutions depuis 2005
* Encadré – Les ventes d’alcool en France
* Consommation d’alcool pendant la grossesse et santé périnatale en France en 2010
* Évolution de la prévalence des différents profils d’alcoolisation chez les adultes en France de 2002 à 2010
* Morbidité et létalité hospitalières liées aux maladies alcooliques du foie en 2008 en France
* Recours aux urgences pour intoxication éthylique aiguë en France en 2011. L’apport du réseau Oscour®
* Déterminants de la consommation de boissons alcoolisées dans l’Étude NutriNet-Santé, France

Téléchargez le BEH n°16-17-18 de mai 2013 sur l'alcool
Téléchargez le BEH n°16-17-18 de mai 2013 sur l'alcool

Le modèle indiqué n'existe pas. Utilisation du modèle par défaut.