L’addiction aux Jeux de hasard et d’argent sous les projecteurs

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Plusieurs sujets ont été consacrés aux jeux de hasard et d’argent (JAH) suite à la parution des chiffres d’affaires générés par les tickets à gratter.

Les professionnels des addictions et les plateformes d’aide comme SOS joueurs, restent des acteurs mobilisés pour accompagner les personnes se trouvant dans des usages problématiques.

Les Addictions sans substance, et en particulier aux jeux hasard et d’argent, ne sont désormais plus considérées comme de simples difficultés passagères. La question du jeu pathologique est aujourd’hui considérée comme un enjeu de santé publique.

Des niveaux de prévalence élévés

En 2015, L’étude réalisée par l’ODJ et l’INPES portant sur les pratiques de jeu de hasard et d’argent, a mis en exergue la prévalence du jeu problématique en population générale.  Si pour une majorité de personnes, la pratique de JAH reste occasionnelle, il est à noté que 2,2 % de joueurs sont considérés à risque modérés, soit environ 1 million de personnes et que 0,5 % de joueurs sont considérés comme excessifs soit 200 000 personnes.

Également, la question du jeu des mineurs, au cœur du débat public actuel, a fait l’objet de cette étude, montrant que 11% d’entre eux étaient considérés comme ayant une pratique à risque (joueurs problématiques et excessif).

 

 

Enfin, à noter que la comparaison entre l’étude 2010 et 2014 indique qu’en 4 ans, la proportion de Français ayant pratiqué des JAH au cours des 12 derniers mois est passée de 46,4 % à 56,2 %.

L’offre d’accompagnement : pour un continuum de réponses

Depuis 2012, au sein des Centres de Soin, d’Accompagnement et Prévention en Addictologie (CSAPA), la mise en place de binômes pluridisciplinaires spécialisés sur les addictions sans substance, et en particulier sur les jeux d’argent et de hasard, vise à développer les capacités de prise en charge des structures tout en mettant l’accent sur la dimension sociale. Pour ces binômes, il s’agit de structurer localement les ressources, d’être repérés, et de se mettre en lien avec les partenaires de premier recours afin de développer une réponse de proximité, lisible pour les personnes en situation de vulnérabilité. La démarche « d’aller vers » est une composante très importante de leur mission.

L’accompagnement des joueurs s’inscrit dans un continuum de réponses :

 

  • La prévention vise à limiter la pratique des JHA et/ou à en réduire l’utilisation afin d’éviter que les personnes ne développent une pratique pathologique ou à risque

 

  • La réduction des risques et des dommages a pour objectif de minimiser les effets négatifs de la pratique du jeu en promouvant une pratique qui limite les problèmes individuels et sociaux causés par les JHA.

 

  • Le soin vise à sortir de l’addiction ou à préserver la possibilité́ d’en sortir. Il contribue également à l’intégration sociale et à la santé des personnes accompagnées.

 

Le soin doit s’adapter et respecter le  choix de la personne accompagnée : abstinence ou réduction de sa pratique du jeu.

 

Ces trois axes sont complétés par un cadre règlementaire et une politique de régulation qui régule et contrôle l’offre et la demande de JHA