Adopte un Principe! Les tests cannabis pour lutter contre le décrochage…

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Brandis depuis le début de la campagne de Madame Pécresse, les tests salivaires de dépistage du cannabis chez les lycéens vient d’être votés dans auml’hémicycle du Conseil régional.

Non obligatoire mais au bon vouloir des proviseurs, non stigmatisant puisque les résultats ne seront communiqués qu’aux seuls parents d’élèves mineurs, ces tests seront également non fiables et peu pertinents puisqu’ils ne révèleront pas le degré, la fréquence, le moment de consommation. Et surtout, illégaux puisque non inscrits dans une procédure judiciaire.

Une réponse que la présidente de Région entend pourtant apporter au décrochage scolaire et qui permettrait selon elle d’établir une cartographie des consommations. Peut-être, pour cela, peut-elle se rapprocher de l’OFDT ?

On entend également parler de l’analyse des eaux usagées provenant des lycées…Qu’en penser ?

En tout état de cause, qu’il y a un écart important entre les actions engagées par le Ministère de la santé, notamment le travail autour des Consultations Jeunes Consommateurs, et portées par le dispositif spécialisé, et la mesure coercitive voulue par Madame Pécresse. Sans traiter de la question de la fiabilité de ces tests, de leur légalité, nous sommes en droit de questionner la perspective de ces examens et leurs résultats. Comme le soulignait dans Libération Jean-Pierre Couteron, Président de la Fédération Addiction : « Soit ces tests vous confirment que parmi les élèves à problème de votre établissement, une partie d’entre eux prend de la drogue. Cela ne fait confirmer ce que vous saviez déjà. Et pour les autres élèves, qui ne posent pas de problème et qui présentent un test positif, vous faites quoi ? ». Sur cette question, les professionnels des addictions rappellent l’existence du dispositif CJC, spécifiquement dédié aux jeunes et à leur entourage. Il est de ce fait dommageable qu’une mesure de dépistage, assortie de propositions d’actions de prévention par les forces de police au sein des établissements, fasse fi des expertises déployées depuis 2004 sur le territoire national. Précisons aussi que ce sont ces mêmes policiers qui seraient postés à proximité des collèges/lycées pour « traquer » les deals…

Cette mesure, depuis l’annonce de son vote, ne semble pas rallier les voix des principaux concernés, médecins scolaires, syndicats de l’éducation nationale, qui dénoncent un procès d’intention fait aux jeunes, coupler d’une impossibilité légale pour eux de mener ces tests au sein des établissements.

Ces débats mettent en évidence ce que la Fédération Addiction défend vigoureusement, à savoir l’articulation des acteurs et des réponses dans l’aide et l’accompagnement apportés aux jeunes consommateurs.
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