Édition Précédente |Journées Nationales 2014 – Discours d’introduction de Jean-Pierre Couteron

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Jean-Pierre Couteron Jean-Pierre Couteron, président de la Fédération, a introduit les échanges des 4e Journées Nationales de la Fédération Addiction à Nantes, le 12 juin 2014.

Il a interrogé les conditions pour passer de la « guerre à la drogue » à « grandir parmi les addictions », d’une ambition de prohibition inadaptée à nos modes de vie à celle d’une régulation limitant risques et dommages, en étudiant successivement la rencontre avec les produits, celle avec les usagers pour terminer par celles entre les différents professionnelles et leurs pratiques.

La rencontre avec les produits se joue sur trois nouages entre collectif et singulier, entre culture et subjectivité. Le premier se fait sur fond d’Image de soi, le deuxième illustre l’appétence pour les sensations fortes, le troisième est celui de l’ordalie et du risque. Chacun de ces nouages est fortement impacté par la société addictogène : l’image de soi, par la montée de l’individualisme, du singularisme qui modifie le lien social ; l’appétence pour la sensation par une société de l’hypersensation, de la vitesse, de l’accès immédiat à l’objet du désir, le risque et l’ordalie par le culte de la sensation forte sur fond de risque « zéro ». Face à ce premier constat, le renforcement des compétences psycho-sociales par l’Education Préventive serait un premier axe d’une politique de régulation.

L’impact sociétal est aussi très fort dans la deuxième rencontre, celle avec les usagers : en multipliant les expériences d’intensité et de vitesse, notre culture fait de l’extrême une valeur majeure tout en prônant la modération. Ce paradoxe crée de l’insécurité, du malaise, à l’exemple d’un cadre légal datant des années 70 qui pénalise un usage que le contexte addictogène banalise. Il oblige à en faire toujours plus pour un résultat sans cesse moindre, puisque le mécanisme d’incitation n’est pas régulé et que l’accompagnement par la RDR en est freiné. Nous devons donc moderniser et adapter des institutions et modes d’interventions, notamment législatifs, hérités de la société rigide du début du XXe siècle, inadaptés à la société fluide, de l’accès et du mouvement. C’est le deuxième axe de la régulation.

La troisième rencontre, celle entre professionnels de champs et de compétences différentes, nécessite de partager les pratiques pour qu’elles complètent nos réponses à ce nouveau paysage de l’addiction, convergeant avec la mobilisation éducative et le rééquilibrage de la loi. Elle fait de l’intégration des pratiques, de la capacité de les implanter dans l’espace commun, et pas seulement dans les lieux et les temps du soin, de les proposer au plus près des usagers et des usages, le troisième axe d’une politique de régulation.

Téléchargez le discours de Jean-Pierre Couteron aux Journées Nationales de Nantes
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