Jeux d’argent et de hasard : les Français jouent plus… et la publicité n’y est pas pour rien

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L’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) a publié ces derniers mois 3 publications permettant de mieux appréhender les pratiques de jeux d’argent et de hasard. Il note une forte reprise de l’activité en 2021, après la crise sanitaire de 2020. Une revue de la littérature sur le sujet dresse le portrait des joueurs les plus en difficulté et pointe l’influence de la publicité sur les perceptions des jeux.

Une forte reprise de l’activité des jeux d’argent et de hasard

Le bilan de l’OFDT sur la consommation des jeux d’argent et de hasard des Français constate une forte croissance annuelle : +7% par rapport à 2020. L’Observatoire explique ce rebond des pratiques par plusieurs motifs, notamment :

  • un effet de rattrapage dû à la restriction de l’offre de jeu durant la crise sanitaire de 2020 ;
  • une évolution du marché du jeu, plus variée et accessible, favorisant un fort intérêt des ménages pour les pratiques des jeux d’argent.

Le budget annuel alloué à cette activité par les ménages a ainsi augmenté, passant de 190 € en 2020 à 201 € en moyenne en 2021.

Parmi la variété de jeux d’argent, c’est la loterie, regroupant les jeux de tirage et les jeux de grattage, qui reste l’activité favorite des ménages.

Une évolution croissante des jeux d’argent et de hasard pratiqués en ligne

L’OFDT constate également une augmentation des jeux en ligne. Cette évolution dans les pratiques de jeux a été favorisée par la crise sanitaire et semble s’ancrer sur le long terme. Ce sont notamment les paris sportifs (+44,1% entre 2020 et 2021), les paris hippiques et le poker qui sont très majoritairement pratiqués en ligne. En revanche, une particularité s’applique pour la loterie qui connaît un engouement dans la pratique en ligne (+16,1% entre 2020 et 2021), sans pour autant faire baisser la fréquentation, encore majoritaire, dans les points de vente.

L’’enquête E-Games menée en 2021 auprès de 1 983 panélistes, montre une évolution importante du nombre de parieurs pour des compétitions de eSport dont l’offre n’est pas régulée en France. Par ailleurs, dans l’enquête, les joueurs récents semblent éprouver davantage de difficultés à réguler leur comportement comparativement à ceux ayant une pratique plus installée. En effet, au regard de l’Indice canadien du jeu excessif (ICJE), 33% des joueurs interrogés seraient des joueurs à risque excessif.

Paris sportifs en ligne : la littérature dresse un portrait des joueurs en difficulté… et pointe le rôle de la publicité

L’OFDT publie également une revue de la littérature concernant les pratiques des paris sportifs en ligne. Même si la quantification des pratiques de jeux se heurte à des limites de comparabilité entre enquêtes et entre pays, les niveaux de jeu convergent néanmoins dans le sens d’une progression des pratiques à risques.

Cette revue de la littérature donne aussi quelques éléments concernant le profil des parieurs en difficulté avec leur pratique de jeux. En effet, il s’agit plutôt d’hommes, trentenaires plutôt bien insérés socialement.

Enfin, ce travail apporte des éclairages majeurs sur l’influence de la publicité et des stratégies promotionnelles sur les comportements de jeu en analysant le contenu de ces stratégies de marketing. Les thèmes et les valeurs le plus souvent mis en avant sont l’humour, l’amitié, le divertissement, l’engagement envers leur équipe sportive et l’absence de risque. La revue souligne également le recours à des techniques publicitaires et à des gratifications financières de plus en plus diversifiées.

Face à ces évolutions, la Fédération Addiction rappelle la nécessité de développer des actions de prévention et de réductions des risques tout en ayant une importante politique de régulation de la publicité.