Impact de la crise sur les actions de prévention, nous restons mobilisés !

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Au moment où les résultats récents de différentes enquêtes épidémiologiques mettent en évidence de réels progrès de la prévention des addictions dans notre pays (cf : Communiqué « De réels succès de la prévention des addictions en France ! Amplifions la dynamique ! » du 28 mai 2020), la crise sanitaire sans précédent a lourdement impacté une grand majorité d’acteurs porteurs d’actions de prévention et de promotion de la santé.

Alors que le financement de ces actions sont principalement issus du fonds d’intervention régional, du fonds addiction et/ou de la Mildeca, au plan national bien sûr mais surtout à l’échelon régional sous le pilotage des agences régionales de santé pour le FIR et le fonds addictions, ou des Préfets pour la Mildeca, de nombreux acteurs de terrain faisaient remonter (via les Unions régionales de la Fédération Addiction) des difficultés vis-à-vis de positions divergentes des Agences Régionales de Santé (orientation vers chômage partiel ou pas, maintien des financements ou pas…).

Quelle doctrine nationale pour le financement des actions de prévention en période de crise ?

Face à cette situation, La Fédération Addiction s’est fortement mobilisée pour alerter les pouvoirs publics sur la nécessité d’adopter une doctrine claire et bienveillante en matière financement de ces actions. C’est dans cet esprit qu’elle a adressé, le 10 avril 2020, au ministre des solidarités et de la santé un courrier co-signé avec l’ANPAA (cf : Courrier FA-ANPAA 10 avril 2020) et qu’elle s’est mobilisée en lien avec l’Uniopss et le mouvement associatif (voir article sur la circulaire FIR et l’analyse du mouvement associatif). La réponse de Monsieur la Ministre parvenue le 25 mai 2020, indiquait qu’«il a été expressément demandé aux directeurs des Agences Régionales de Santé de tout mettre en œuvre pour ne pas pénaliser les associations en termes de financement et pour leur assurer un maintien autant que possible de leur niveau de subvention, malgré les impacts de la crise sur le niveau de réalisation de leurs actions ». Toutefois, le courrier précise que « La mise en œuvre opérationnelle de ce principe sera réalisée au cas par cas et au niveau régional, dans le cadre de dialogues locaux avec les associations impactées par la situation sanitaire ».

Mobilisation des Unions Régionales

Afin d’appuyer les acteurs dans les dialogues locaux, la Fédération Addiction  a mis à disposition de ces Unions Régionales, un courrier destiné aux directeurs des agences régionales de santé (cf : Modèle courrier UR-ARS ). Dans ce courrier, nous demandons pour les actions n’ayant pas pu être réalisées par les structures spécialisées en addictologie à cause de la crise, que :

  • Les indicateurs qualitatifs et quantitatifs soient réévalués pour tenir compte de la non réalisation de certaines parties des activités initialement prévues et pour valoriser la mobilisation et le travail mené par les équipes de prévention durant cette période ;
  • En cas de maintien des indicateurs initialement prévus et de report des actions programmées, qu’un supplément budgétaire soit attribué afin de tenir compte des surcoûts liés aux charges de personnel et aux frais de fonctionnement.

Tandis que l’évolution de la situation sanitaire permet une reprise progressive des activités de prévention, nous rappelons que la prévention nécessite d’être soutenue et consolidée afin de répondre aux besoins croissants des publics fragilisés par la crise et aux demandes, toujours plus nombreuses, des acteurs non spécialisés en addictologie (secteur jeunesse, social, éducatif, justice…).