Hébergement confiné et consommation du tabac des publics

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La Fédération Addiction reçoit un certain nombre d’interrogations de la part de structures sociales concernant la gestion des consommations de substances psychoactives dans un contexte d’hébergement confiné. Nous mettons à disposition du réseau des préconisations et ressources.

Cet article concerne la consommation de Tabac. Pour l’alcool, c’est par ici.

Pour les fumeurs :

Il convient de rappeler que les bureaux de tabac restent ouverts pendant la période de confinement. Il ne s’agit pas là d’encourager la consommation mais davantage d’éviter un surplus de stress et de frustration dans un quotidien déjà peu évident à vivre pour beaucoup.

Un sevrage brutal et forcé a peu de chance d’être un sevrage réussi.

Afin d’éviter le recours à la cigarette comme outil principal pour gérer l’ennui et les émotions négatives, et par conséquent un accroissement de la consommation, plusieurs pistes peuvent être suggérées :

  • Se fixer quelques limites en termes de quantité (pas plus de X cigarettes par jour), mais aussi de moments (pas avant 16h, pas avant midi, etc.) en mettant en place des stratégies d’évitement durant les moments les plus propices à la consommation
  • Essayer de diversifier ses activités : jeux de société, lecture, musique, etc.
  • Apprendre à gérer son stress autrement : exercices de respiration, application pour la méditation.

En parallèle, il est important de limiter autant que possible l’exposition de l’entourage des fumeurs au tabagisme passif, notamment les enfants. Pour cela, le mieux est d’éviter de fumer à l’intérieur et de sortir pour le faire (jardin, terrasse) ou à défaut de se mettre à la fenêtre.

Si toutefois d’aucuns souhaitent profiter de cette occasion pour arrêter ou diminuer leur consommation, ils peuvent y être encouragés. D’une certaine manière, cette situation présente des avantages pour se lancer dans l’arrêt du tabac notamment pour ceux dont la consommation est surtout liée aux interactions sociales : plus de pauses cafés-clopes entre collègues, plus de soirées ou apéros entre amis, etc. autant de tentations en moins.

Toutefois, les professionnels de santé sont fortement mobilisés et il sera potentiellement difficile d’avoir recours à une première consultation de tabacologie.

La Fédération Addiction et ses partenaires sont actuellement mobilisés pour obtenir la délivrance et le remboursement en pharmacie de substituts nicotiniques sans ordonnance.

Les boutiques spécialisées dans la vente et le conseil sur la Vape sont autorisées à ouvrir durant la période de confinement. Ils peuvent prodiguer des conseils sur le dosage de nicotine, n’hésitez pas à les contacter.

Dans un premier temps il peut aussi s’agir de faire le point sur sa consommation et sur ses forces et faiblesses pour gérer un éventuel arrêt, via ce guide par exemple.

Pour les personnes ayant déjà commencé à arrêter :

Certaines personnes ont peut-être arrêté de fumer plus ou moins récemment et le confinement peut éventuellement les mettre en difficulté.

Pour les aider à éviter une reprise, il est possible de les encourager à :

  • Diversifier leurs activités et renforcer leurs techniques de gestion du stress comme évoqué plus haut
  • S’assurer d’avoir des substituts nicotiniques ou du liquide pour la vape en réserve : les pharmacies et les magasins spécialisés sont ouverts durant cette période
  • Appeler Tabac Info Service qui donne de nombreux conseils et outils via le numéro de téléphone 39 89 qui permet d’avoir de s’entretenir avec des tabacologues.
  • Rejoindre un groupe de soutien et d’auto-support en ligne (#Jenefumeplus sur Facebook par exemple)
  • Constater les bénéfices via une application telle que Qwit Now ou Smoke Free ou encore celle de Tabac Info Service (GPlay et Applestore)

En tant que professionnel , l’important est de se montrer disponible, notamment par téléphone pour accompagner les éventuels moments difficiles. Il s’agit également de valoriser leurs compétences, leur capacité à mettre en place des stratégies et le chemin qu’ils ont déjà parcouru jusque-là.

Et s’il y a reprise, il est important de la relativiser, c’est une période difficile et ce sont des circonstances exceptionnelles. Ce n’est pas une reprise définitive, et celle-ci peut être limitée.