Évolution du public des CJC au lendemain de la campagne de communication de l’INPES

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indexL’OFDT a récemment publié les résultats du deuxième volet de l’enquête menée dans les CJC visant à mesurer l’impact sur le public reçu de la campagne de communication de l’INPES conduite en 2015. Des évolutions notables semblent être liées à la campagne : augmentation des sollicitations des familles, des demandes au titre de jeu vidéo, des orientations par les soignants, etc. En revanche, la part des consommateurs d’alcool et les jeunes filles, pourtant ciblés par la campagne, n’augmente pas. Des premiers constats qui suggèrent la nécessité de diversifier les leviers de mobilisation de publics difficiles à atteindre.

 

eftxcpw3Un premier volet d’enquête, conduit en 2014 par l’OFDT, a permis une photographie du profil du public reçu 10 ans après la création de ce dispositif. Un an après ce premier volet d’enquête, un deuxième volet a été déployé pour mesurer l’éventuel impact de la campagne CJC dont l’objectif était d’accroître la notoriété des CJC et d’en dédramatiser le recours

Sur les 260 structures gérant 540 CJC, le taux de participation des CJC sur ce deuxième volet reste élevé (77% contre 82%), les CSAPA associatifs étant largement majoritaires parmi les répondants (59% contre 33%).

L’une des évolutions les plus marquantes est l’augmentation des sollicitations des familles, aussi bien en termes d’orientation que de présence lors des consultations, contribuant à augmenter la part des mineurs. Une proportion importante des familles ont repéré le dispositif grâce aux spots télévisés. La proportion de consommateurs venus avec leur famille passe donc de 22% à 34% en un an.

Autre constat notable : l’augmentation des demandes de recours au titre de jeu vidéo, celle-ci étant liée à l’augmentation des sollicitations des familles.

Par ailleurs, les orientations par un soignant de premier recours (professionnels hospitalier, médecin de vile ou du travail) augmentent significativement surtout chez les plus âgés.

Autre évolution entre 2014 et 2015 : la diminution du nombre de jeunes orientés par la justice (33% contre 41%), principal vecteur de recrutement du public depuis 10 ans. En conséquence, on observe une diminution de la file active liée au cannabis.

En revanche, les consommateurs d’alcool, pourtant clairement ciblés dans la campagne, n’augmentent pas dans la file active des CJC. En revanche, leurs profils évoluent puisqu’ils sont plus âgés qu’en 2015 et plus précaires. A noter également la prévalence supérieure des usages réguliers d’alcool chez ces jeunes rencontrés en comparaison aux autres jeunes rencontrés pour d’autres substances. Cela pourrait être lié à la précarité de ce public.

La campagne visait également une augmentation de la fréquentation féminine mais la part de jeunes filles n’a pas augmenté suite à la campagne (proportion de 19%). Alors que l’enquête ESCAPAD, menée auprès des jeunes âgés de 17 ans, montre une proposition importante de filles ayant un usage problématique de cannabis (1/5 des fumeuses de cannabis), une réflexion doit être engagée pour mieux atteindre le public féminin, décrit par de nombreux travaux comme ayant des difficultés d’entrée dans les dispositifs de prise en charge en addictologie[1]

Selon l’OFDT « si une enquête d’intervalle entre les deux enquête empêche toute forme de conclusion définitive, ces premiers constats suggèrent la nécessité de diversifier les leviers de mobilisation de publics difficiles à atteindre au moyen d’une campagne média ». Ainsi, la rencontre avec les consommateurs d’alcool pourraient être favorisée par une sensibilisation accrue des milieux scolaires, sanitaires et socio-éducatifs et celles des jeunes filles par le renforcement des partenariats avec les centres de planning familial.

Merci à tous ceux d’entre vous qui avez contribué à cette enquête et qui permettez de faire évoluer les connaissances et l’efficience des actions menées dans les CJC !  

Pour en savoir plus :

[1] Mutayayi C., Publics féminins : les approches en matière de prévention et de soins, Saint-Denis, OFDT, Note n°2014-10, 2014, 7 p