Evaluation des stages de sensibilisation aux dangers de l’usage de produits stupéfiants

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Tendances n°81
Auteur : OFDT
Date de parution : juin 2012

L’OFDT publie dans son numéro 81 de la revue Tendances une évaluation des stages de sensibilisation.

Depuis 2007, les personnes interpellées pour détention et usage de stupéfiants peuvent se voir ordonner un stage de sensibilisation aux dangers de l’usage de produits stupéfiants. Afin de décrire l’offre de ces stages et le public reçu, une étude a été menée par l’OFDT à la demande du ministère de la Justice et des Libertés. Ce travail a été conduit du 1er décembre 2010 au 31 mai 2011 auprès des prestataires et des usagers accueillis lors des stages. Ces stages, mis en place par une centaine de structures, concernent depuis 2008 environ 4500 stagiaires dans l’année dont plus de 9 sur 10 sont des usagers de cannabis.

Dans sa conclusion, l’étude précise :
« Le stage de sensibilisation aux dangers de l’usage de produits stupéfiants demeure un choix de sanction minoritaire dans l’éventail des réponses pénales à la disposition des procureurs mais son utilisation semble se diffuser, à la faveur de l’essor des procédures de traitement rapide et simplifié des délits.
La mise en oeuvre d’un stage de sensibilisation au contenu uniformisé sur l’ensemble du territoire national paraît difficile à réaliser. Les juridictions, tout comme les structures prestataires de stages, se sont approprié les objectifs du dispositif en fonction de leurs problématiques et de leurs besoins locaux mais les disparités dans les conditions d’exécution des stages les citoyens.
En dépit d’une appréciation globalement positive du déroulement et du contenu du stage, une proportion importante du public reçu estime qu’il aura un impact limité sur son comportement d’usage, notamment parce qu’il n’est « pas assez personnalisé ».
Une partie du public envisage à l’issue du stage de redoubler d’efforts pour ne pas « se faire prendre la fois suivante ». Les résultats de l’évaluation du dispositif conduisent ainsi à  s’interroger sur l’efficacité du stage de sensibilisation comme levier de motivation à changer son comportement de consommation. Du point de vue des stagiaires, il reste avant tout une sanction pénale, impuissante par elle-même à détourner de l’usage les personnes qui n’envisageaient pas, déjà avant le stage, d’arrêter dans l’immédiat. »

En mai 2009, la Fédération Addiction (à l’époque Anitea-F3A) avait déjà pointé les défauts de ce système en prenant position contre ces stages et en invitant ses adhérents à s’y engager le moins possible et/ou sous certaines conditions.