Enquête HBSC INPES – Etre ado à l’orée du 21ème siècle

publié le  |  Imprimer

L’INPES, présente aujourd’hui les résultats définitifs du volet français de la 5ème édition de l’enquête internationale Health Behaviour in School-aged Children HBSC portant sur les comportements de santé et les styles de vie des élèves entre 11 et 15 ans.

Cette enquête balaie un spectre très large de facteurs qui contribuent au «bien-être» des adolescents : statut socioéconomique des familles ; structure familiale et relations dans la famille ; relations avec les pairs ; milieu scolaire ; santé et bien-être handicaps et maladies chroniques ; hygiène bucco-dentaire ; habitudes alimentaires ; activité physique et sédentarité ; image de soi et poids ; tabac, alcool, cannabis et autres drogues illicites ; vie sexuelle ; violence.

Les résultats du volet « tabac/alcool/cannabis et autres drogues illicites » ont déjà fait l’objet d’une communication en mai 2012 (1). Réaffirmant la prééminence de l’alcool expérimenté par une large majorité des collégiens, notamment les garçons, ils confirment le problème des ivresses qui concernent d’abord les garçons puis les filles dès la 4ème à des niveaux similaires. L’expérimentation du tabac reste comparable chez les garçons et chez les filles .Le tabagisme quotidien concerne en 2010 près d’un élève de 15 ans sur cinq. Sa féminisation, signalée lors de la précédente enquête, se confirme. Le cannabis demeure la première drogue illicite expérimentée et consommée au début de l’adolescence. Son expérimentation reste très rare parmi les plus jeunes (11-13 ans), mais progresse fortement ensuite pour concerner près d’un élève de 3ème sur quatre. Ces premiers résultats confirment la persistance des différences entre filles et garçons concernant la santé et les comportements à risque, au-delà des  évolutions de la société en matière d’égalité des sexes., et la nécessité de proposer  des actions respectant les motivations et les besoins des unes et des autres.

Les résultats communiqués aujourd’hui viennent rappeler que ces consommations de drogues et les comportements des jeunes doivent être envisagés à travers le prisme d’une « société addictogène ». Le nouveau rapport au temps des jeunes dessine leurs comportements de santé. Les technologies de la communication, dont l’enquête montre une spectaculaire augmentation de l’usage depuis 2010, particulièrement chez les filles, et à tous les âges, sont situées désormais au cœur de la sociabilité juvénile. Elles affectent le rapport au temps des adolescents en précipitant leur désir d’immédiateté, voire leurs fantasmes d’ubiquité. L’usage de psychotropes y est une échappée hors des contraintes du lien social. La consommation élargit l’épaisseur du temps en donnant au jeune le sentiment d’en maîtriser les effets, de ralentir ou d’accélérer le temps. Manière aussi d’alléger le poids d’une identité faite de trop de contraintes.

Les nouvelles technologies ouvrent de nouveaux risques, mais apportent aussi de nouvelles solutions, permettant d’autres échanges et approches, tissant autrement les rapports sociaux. Les compétences des familles, qui restent au cœur de l’accompagnement des adolescents, méritent d’être renforcées et développées, pour leur permettre de jouer pleinement leur  rôle d’éducation.

Pour les acteurs de la prévention, cette enquête confirme l’intérêt d’une approche qui, intégrant les risques des comportements, prend aussi en compte les modes de vie, renforce les compétences des familles, et accompagne la maturation des expériences des jeunes. La Fédération Addiction et le Respadd continuent de réclamer une refonte des politiques en matière de prévention et de réduction des risques des addictions adaptées au siècle qui s’ouvre.

(1) CP de la Fédération Addiction « Adolescents : alcool, tabac, cannabis – Agir autrement »

Consulter la 5ème édition de l’enquête internationale Health Behaviour in School-aged Children HBSC