Diplôme Universitaire : psychiatrie et santé communautaire

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Sous la direction du Professeur NAUDIN, Solaris, Marseille

La question des normes est de plus en plus souvent soulevée dans une société où les références à ce qui est du domaine du normal et de l’anormal se multiplient. La psychiatrie est une référence scientifique largement sollicitée pour redéfinir les limites entre normal et pathologique. Elle est aussi par son pouvoir de privation de liberté et ses liens forts avec la justice, une science qui aide au processus de redéfinition de la morale. Elle collabore avec l’Etat et la justice pour tracer les frontières de l’interdit.

Bien heureusement, sa pratique permet un contact quotidien avec une humanité « décalée » expérimentant la maladie, la folie, la souffrance et l’exclusion. Cette expérience psychiatrique, née dans les asiles, continue à se nourrir d’une pratique clinique principalement hospitalière. Pourtant de plus en plus de personnes sont soignées en dehors des murs de l’institution.
Ces pratiques dites « ambulatoires » du fait de leur externalisation modifient le champ de la psychiatrie, qui aujourd’hui se fait appeler « santé mentale ». Au-delà de ce changement de paradigme assez général, plusieurs pistes restent ouvertes. La première est celle du modèle bio-psycho-social, si souvent cité. Il a été reproché à ce modèle de ne pas assez prendre en compte la dernière composante du modèle et d’être en pratique un modèle BIO-psycho-social.
Un nouveau modèle de soins est aujourd’hui défendu par l’OMS, de nombreux chercheurs, les associations de patients et les patients eux-mêmes. Il va au-delà du modèle bio-psychosocial et propose d’intégrer la question de la personne, de son existence et de sa place dans la société. Plusieurs dimensions nouvelles sont prises en compte qui renvoient à la démocratisation progressive des Etats et donc du champ sanitaire : les droits des personnes à des soins de qualité, au rétablissement, à l’intégration dans la cité, à être des citoyens comme les autres.
Ces mutations en cours ont besoin d’être alimentées par une réflexion venant d’horizons différents. Nous souhaitons dans ce DU proposer non pas un enseignement uniquement institué mais une université qui accepte aussi parfois d’allier savoir expert et savoir profane. Ce dernier savoir est celui créé au quotidien par les politiques, les acteurs du champ social, les associations, les citoyens, les familles et les patients eux-mêmes pour tenter de répondre ici et maintenant au défi du vivre ensemble dans la cité.

L’enseignement est dispensé sous forme de trois modules d’une semaine chacun.
Lieu : Hôpital Saint Marguerite, Pavillon Solaris, Marseille

Au programme :
Module 1 : La « pratique » psychiatrique collective
Module 2 : D’un savoir médical institué à une approche compréhensive de l’existence des personnes « malades »
Module 3 : Maladie mentale et société. Les systèmes de soins et les expériences de la personne