Digital Detox Day 8 : renversons les tendances !

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Dans le cadre des 3D8 (ou DDD 8 : Digital Détox Day) Thierry Le Fur, expert en comportements numériques et addictifs décode la spirale de la dépendance pour en inverser la tendance.

Rappel : que sont les 3D8 (DDD 8) ?

Le 8 janvier 2018 étaient lancés les DDD 8 (devenus « 3D8 ») pour prendre un temps le 8 de chaque mois (ou le jour qui vous convient) pour améliorer et sécuriser nos pratiques numériques : au travail ou en classe, chez soi, pour soi ou ses enfants. 3D8 comme… Digital Détox Day, Droit à une Déconnexion Discernée ou comme vous voulez ! (N.B. le livret blanc du mois est accessible en bas de cette page).

Excès, addictions, burnout : comprendre, prévenir et s’en sortir

Tel était le titre choisi par l’OBS (11/11/2015) pour nous montrer l’étendu du champ couvert par la première version de la « Spirale des 9C » : en effet le cheminement de toute consommation (alcool, sucre…) ou activité (digital, télétravail…) au début ‘’normale’’, peut devenir excessive puis potentiellement toxique, jusqu’à une conduite chronique voire addictive.

Avec le numérique certains des «  9 C » – ainsi appelés car chaque item commence par la lettre C (ex. circuit de récompense, chronique) – sont amplifiés par l’incitation permanente à en user et même en abuser : « vous n’avez pas le dernier portable ??? », « tu n’es pas sur le nouveau réseau social » à « je ne t’ai pas eu : ton portable étais éteint !?! » obligent à être multi-connecté sans limite. Chaque notification, invitation ou message libère une dose d’adrénaline ou adrénaline (excitation, stress)… qui appartiennent à la même famille de neuromédiateur de produits addictifs telle… la cocaïne. Si cette dernière est certes plus puissante, en revanche le numérique  est proposé au grand jour, partout et surtout tout le temps ! En comprenant la spirale des 9C, on peut commencer à bénéficier de repères, bien utiles, pour les situations qui dérapent.

Covid et télétravail : l’astreinte numérique permanente

Le téléphone mobile avait inauguré la notion d’astreinte quasi-permanente. ‘’Quasi’’ car on pouvait encore justifier de l’existante de hors zone (« je passe sous un tunnel »), d’être en réunion ou devoir abréger un échange car la batterie était déchargée… De plus avec le portable, quand le SMS n’avait pas encore pris le pas sur les échanges vocaux, une part importante d’entre nous était réticente à « déranger », surtout hors des horaires classiques de bureau ou que l’on savait son interlocuteur en réunion.

Au fil du temps une glissade s’est opérée qui a commencé avec les SMS, l’habitude de les écrire de plus en plus vite (avec abréviation, émoticon…) puis la possibilité de lire des mails sur le mobile : sans déranger officiellement son interlocuteur, il devenait informé… et souvent redevable d’une réponse rapide.  Silencieusement au sens propre (les téléphones sonnent d’ailleurs de moins en moins) et figuré (comme le déroulement d’une spirale), l’astreinte permanente s’est installée.

Avec une Covid et un télétravail « massif » depuis plus d’un an, ce sont imposés insidieusement des « avec le temps qu’il ne perd plus dans les transports, il peut avancer sur ses dossiers ! » ou « de toute façon avec le confinement et/ou couvre-feu il n’a rien à faire d’autre ». Pendant les heures « classiques » on doit être immédiatement joignable car on est à son poste de travail, en dehors « il n’est pas obligé de répondre tout de suite… mais ce ne serait pas si mal ». Cela peut s’appeler de l’astreinte numérique permanente, qui avec la mondialisation peut devenir effective presque 24H/24H !

Pour soi-même et en entreprise : renversons la spirale des 9C !

Neurosciences, champs du bien-être, médecines et addictologie offrent tant de moyens pour aller bien… ou mieux (quand mal-être, excès ou dépendances s’installent) : profitons-en ! Avec eux, la spirale des 9C possède un atout étonnant : à chaque crantage au « 9 » suivant qui rend chaque consommation ou activité plus à risque ou encore plus toxique que bénéfique (heureuse, saine, efficace…), des solutions existent. La Spirale est en fait par-delà la prévention, aussi un outil pour affiner sa stratégie personnelle de maîtrise d’une consommation ou activité trop attractive : elle   permet soit d’empêcher la progression au cran supérieur, soit dans une zone orange ou rouge difficile à quitter d’en réduire les risques voire… d’inverser une tendance et de renverser bien des situations comprises.

L’initiation proposée ici permet de « caler » au mieux et au meilleur moment les solutions qui existent. Certes nous sommes tous différents : parmi les suggestions que vous allez découvrir, vous pouvez en adapter à votre cas (le libre-arbitre étant une valeur-clé face à la dépendance…).

Et concernant les organisations (ex. DRH ou qualité de Vie au travail), la spirale des 9C peut étonnamment bien servir de guideline pour construire une réponse de type prévention-solutions-action. En ces temps où beaucoup d’accords (télétravail, Qualité de Vie au travail, Droit à la Déconnexion…) se signent avec les partenaires sociaux, savoir les déployer en fonction de moyens au plus près des besoins devient un atout intéressant !