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La décriminalisation des drogues au Portugal: des résultats édifiants

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Portugal Drug Bust
Photo AP/Paulo Duarte (source Business Insider)

Traduction de l’article du journal Australien Business Insider – article de Samuel Blackstone, paru dans l’édition de Juillet 2012.

« Le 1er juillet 2001, le Portugal décriminalisait l’ensemble des substances psychoactives, du cannabis à l’héroïne en passant par la cocaïne. Nombreux furent ceux qui ont pensé que Lisbonne allait devenir un paradis du tourisme des drogues, et/ou qui prédirent une augmentation d’importance de l’usage chez les jeunes.

Onze années plus tard, les faits montrent qu’ils ont eu tort.

Plus d’une décennie s’est écoulé depuis que le Portugal a changé de philosophie dans son approche des usagers de substance psychoactives, de « criminels » à « personnes atteintes d’une maladie ». Ce laps de temps a permis aux statistiques de se développer en profondeur, et d’ériger le Portugal en modèle à suivre.

Mais d’abord, une clarification s’impose.

La décriminalisation qu’a entrepris le pays ne signifie en aucun cas que les personnes peuvent librement transporter, faire usage et vendre des produits; il s’agirait là de légalisation. La décriminalisation est différente, elle signifie que la possession, l’usage et la distribution de substances psychoactives demeurent illégaux.
Mais tandis que la vente et la distribution de drogues restent un crime sanctionné par le code pénal, la possession et l’usage au Portugal sortent du droit pénal et sont étudiés dans le cadre d’une Cour spécifique, où la situation de chacune des personnes est jugée par un comité d’experts légaux, de psychologues et de travailleurs sociaux. Ces Cours de justice décident du soin et des actions à entreprendre pour chaque usager; celui-ci étant considéré dans une approche de santé publique plutôt que dans une approche strictement judiciaire (pour en savoir plus sur ce thème, lire le rapport de Fox News en anglais).

Le résultat après plus d’une décennie :

Rapport de recherche du CATO, l’institut public de recherche au Portugal.

Une réduction drastique de l’usage de substance psychoactive, avec un chiffre largement souligné par les autorités portugaises et les rapports statistiques locaux, de 100 000 usagers avant le changement légal, qui a été réduit de moitié en 10 ans. Les taux d’usage portugais sont désormais parmi les plus bas d’Europe (retrouver le rapport de l’Institut portugais de recherche CATO ici )

L’un des autres résultats notables est la chute du nombre de personnes malades. Le nombre de maladies liées à l’usage de substance psychoactives (incluant les MST et les overdoses) a connu une baisse encore plus importante que le nombre d’usagers, ce que les experts pensent liés à l’offre faite par l’État de traitement sans injonction ni complications légales liées à l’usage.

Alors que cette politique publique n’a rien de nouveau après une décennie, les statistiques et les résultats de l’évaluation ont eu le temps de se construire et fournissent une image objective qui vaut la peine d’être mise en avant.
Dans un pays comme l’Amérique, qui pousse la criminalisation des drogues peut être un peu loin (plus de la moitié des personnes incarcérées dans les prisons fédérales le sont pour une raison liée à drogue), d’autres alternatives doivent être pensées et discutées et, à minima, le sont actuellement.

Pour les décideurs publiques, ou pour les personnes simplement intéressées par ces questions, des cas de figure comme le Portugal sont sans nul doute un excellent point de départ à la réflexion.  »

Retrouver l’original de l’article en anglais en cliquant ici.