De nouvelles instructions ministérielles pour le développement des compétences psycho-sociales

publié le  |  Imprimer

Le 19 août 2022, le gouvernement a publié une instruction interministérielle pour la mise en place d’une stratégie 2022-2037 de développement des compétences psychosociales (CPS) chez les enfants et les jeunes. Une stratégie ambitieuse à saluer… mais qui pose la question des moyens de sa mise en œuvre.

Une démarche positive, des objectifs ambitieux

La stratégie de développement des compétences psychosociales (CPS), signée par huit ministres du gouvernement, est déclinée sur 15 ans (2022-2037). Elle présente des objectifs ambitieux pour qu’au moins 30 % des jeunes de 13 à 18 ans de la « génération 2037 » bénéficient d’interventions pluriannuelles sur les CPS et que cela soit renforcé également auprès des parents et des adultes en première ligne avec les jeunes (enseignants, éducateurs, professionnels de secteur social, de l’insertion etc.). Cette stratégie nationale multisectorielle doit reposer sur les 5 axes suivants :

  • Confier aux territoires l’animation et la coordination du déploiement des interventions de développement des CPS
  • Accompagner les professionnels intervenant auprès des enfants, des jeunes et des familles afin qu’ils soient en capacité de développer les CPS des enfants, des jeunes et de leurs parents.
  • Appuyer les interventions de développement des CPS sur des données probantes
  • Mettre en place d’ici 2023 un système national de suivi et d’évaluation du développement des CPS dans tous les secteurs
  • Mettre en place un cadre institutionnel pour que la génération 2037 grandisse dans un environnement de développement continu des CPS

📥 Télécharger l’instruction

Penser la démarche et non le simple déroulement d’interventions

La Fédération Addiction salue la publication de ce texte : c’est un marqueur de la volonté des pouvoirs publics de prendre en compte cette thématique majeure.

En effet, la Fédération Addiction et ses adhérents sont déjà fortement impliqués dans le développement des CPS par le déploiement d’actions et/ou programmes probants (« Bien joué », Primavera, programme de soutien aux familles et à la parentalité, Unplugged…). Cependant, nous resterons vigilants à ce que ce développement soit pensé comme une démarche et non comme le simple déroulement d’interventions et soit en cohérence avec les pratiques du soin, de la réduction des risques et de l’intervention précoce.

Mais quels moyens financiers ?

De plus, une politique ambitieuse de prévention (intégrant le développement des CPS) nécessite des compétences spécifiques : l’art de la rencontre, des capacités d’animation, d’accompagnement au changement mobilisant des savoirs et des compétences spécifiques à l’éducation préventive, à l’approche expérientielle. Ce statut et ces compétences ne sont à ce jour pas assez reconnues et soutenues.

Malheureusement, la stratégie ambitieuse décrite dans l’instruction n’est pas accompagnée d’une enveloppe budgétaire pour sa mise en œuvre. Sans un investissement massif et pérenne, comment consolider et renforcer les missions de prévention ?