Communiqué de presse – Loi de Santé et addiction : préservons la cohérence des réponses, de la loi Evin aux salles de consommations, en passant par le paquet neutre et l’e-cigarette

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Paris, le 31 mars 2015

La loi de Santé est une occasion d’ancrer une approche cohérente des addictions dont logo_federation_addiction_petitnotre pays a besoin :

La régulation de l’accès aux substances, des arrêtés sur le transport et l’achat d’alcool que prennent des élus locaux pour combattre ces usages abusifs dans l’espace public, jusqu’aux mesures législatives contre les alcoolisations importantes (ex : pénalisation des responsables d’alcoolisations aiguës).

La protection des plus vulnérables de la pression du marketing et de la publicité qu’assure une loi Evin qui doit être renforcée et non affaiblie au nom des milliers de morts du tabac et de l’alcool. Pour la Fédération Addiction, aucun produit n’est à lui seul diabolique, mais défendre leur valeur « culturelle » n’a pas grand-chose à voir avec un marketing qui ne vise qu’à augmenter les VOLUMES écoulés.

La mise en œuvre d’une prévention enfin articulée avec les autres missions des centres de soin (mission prévention des Centres de Soins et d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie) et leurs CJC (Consultation Jeunes Consommateurs) : par la mise en place de programmes de prévention éducative aidant les plus en difficulté, enfants et familles, par des actions de prévention s’appuyant sur l’approche expérientielle auprès des adolescents et en complémentarité par une approche d’Intervention Précoce en lien avec les CJC.

– L’accès aux actions de Réduction Des Risques, par des dépistages avec des tests adaptés, échange de seringues, salles de consommations à moindre risques, interventions auprès des usagers festifs dans l’espace public, e-cigarette reconnue et sécurisée. Ces actions, loin de faciliter l’usage, en réduisent les conséquences néfastes, pour les usagers et entourages et rendent possibles d’autres pas dans la démarche de prendre soin…

– Une offre de soins diversifiée, en intensité comme dans ses modalités, ambulatoire ou résidentielle, individuelle ou groupale, avec des stratégies médicamenteuses variées, à l’exemple des nouveaux traitements de l’alcool, de la méthadone en ville et de la buprénorphine,…avec des thérapies couvrant l’ensemble des problématiques et en intégrant des approches probantes, comme l’expérience TAPAJ (Travail alternatif payé à la journée) pour les jeunes en errance ou le programme Un chez soi d’abord.

Aucun de ces outils, aucune de ces approches ne peut seul résoudre les difficultés que rencontre notre pays sur les addictions, à avoir trop longtemps privilégié la pénalisation de l’usage. La volonté de rééquilibrer les réponses, de compléter les stratégies, nécessite de ne pas céder à la démagogie de quelques-uns, qui sous couvert de liberté de la presse ou de tradition culturelle, voudraient casser la loi Evin et les modérations qu’elle permet des effets addictogènes d’une société qui banalise l’usage pour ensuite en réprimer l’abus.
Au moment où de tels amendements arrivent, chacun doit mesurer la responsabilité qui sera la sienne.