COVID-19 : Interview avec Virginie Fontaine, coordinatrice de la CJC du CSAPA de l’association ESI

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En ces temps inédits, les acteurs se mobilisent au quotidien, et adaptent voire bouleversent leurs pratiques pour sécuriser, rencontrer et maintenir le lien avec leurs publics. De l’aller vers à la coopération, nous avons souhaité valoriser ces pratiques ajustées au temps de la crise. Découvrez notre série de témoignages.

Interview avec Virginie Fontaine :

Psychologue, tabacologue et coordinatrice de la Consultation Jeunes Consommateurs – CSAPA de l’association ESI 14 (Education Solidarité Information) à Lisieux- Normandie

Comment l’activité de la Consultation Jeunes Consommateurs (CJC) s’organise t’elle en cette période de crise ?

Les permanences CJC sont habituellement réalisées au sein de structures partenaires (Mission Locale, FJT) qui sont fermées. Il a donc été nécessaire de s’adapter au même titre que l’activité générale du CSAPA. Toutes les consultations ont été maintenues soit par téléphone, par mail, ou par téléconsultation grâce une appli de téléconsultation. Nous avons donc pu réaliser toutes les consultations qui étaient prévues et nous gardons un contact régulier avec les jeunes.

Avez-vous observé une évolution des sollicitations durant cette période de crise ?

Globalement, nous n’avons pas eu beaucoup de nouvelles demandes, ce qui n’est pas très surprenant car une majorité des jeunes sont orientés par nos partenaires avec lesquels nous avons l’habitude de travailler tel que les collèges, les lycées, les missions locales, le FJT… qui sont fermés durant cette période de confinement. En revanche, nous avons pu observer que des sollicitations émergent du côté des familles avec des parents qui s’interrogent sur les consommations de leur adolescent. Forcément, avec le confinement, il est plus difficile de se cacher pour consommer.

Pour les jeunes les plus fragiles, isolés ou vulnérables, les contacts de la CJC sont renforcés et plus réguliers. Les échanges se focalisent principalement autour du contexte et de l’actualité qui est souvent source de stress et d’angoisse, mais également sur la réduction des risques liés aux consommations. Pour d’autres jeunes, cette situation de confinement permet un retour sur soi qui peut également leur permettre de prendre du recul face à leurs consommations et leurs préoccupations.

Comment continuez-vous à accompagner vos partenaires en cette période ?

Il est clair que nous avons moins de liens qu’habituellement avec nos partenaires. Toutefois, la CJC continue de les accompagner, notamment en transmettant des documents d’informations sur les consommations ainsi que des recommandations sur les attitudes à avoir en cette période, sur les postures professionnelles ou encore sur les modalités de fonctionnement de la CJC durant la crise.

Pour accompagner l’Education Nationale, les collègues de notre service prévention ont élaboré un flyer d’informations sur le bon usage des écrans à destination des jeunes et des parents. Ce flyer a notamment été diffusé très largement par l’intermédiaire de l’inspecteur de circonscription et auprès des chefs d’établissement du secondaire dans lesquels l’association déploie le programme Unplugged.

Que pensez-vous retenir de ces adaptations pour votre activité CJC post-crise ?

Durant le confinement, la CJC a amplifié sa démarche proactive pour aller vers nos partenaires et les jeunes les plus vulnérables et isolés. Comme vous le savez, les jeunes ne sont pas toujours dans une demande d’aide et le fait d’avoir renforcer notre démarche proactive a mis en exergue cette nécessite de maintenir un lien régulier avec les jeunes mais aussi, pour certains, de faire émerger une demande.

C’est dans ce contexte de crise que la spécificité de la CJC « d’allers vers » montre également toute sa pertinence.