Communiqué de presse – Soutenez, ne punissez pas !

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logo_federation_addiction_petitParis, le 26 juin 2013

Comme tout slogan, celui-ci est réducteur, encore plus quand il est appliqué aux usagers de drogues : « on va  les laisser faire, alors que c’est dangereux », peut-on entendre comme commentaire ! Mais ce slogan est juste car il s’attaque à la plus dangereuse des idées fausses dès lors qu’il s’agit d’addiction : ce ne serait qu’après avoir touché le fond que la personne « s’en sortirait ».

Ce scénario, que l’on peut nommer celui « du fond de la piscine » est indéniablement le plus médiatique et le plus médiatisé, mais il est aussi le plus rare. En son nom, la France a connu une des pires épidémies de SIDA des pays industrialisés, elle traverse une situation identique pour les hépatites C et après une politique des addictions en direction des jeunes orientée pendant des années vers l’interdit et la sanction, associées à un rappel régulier de la dangerosité des substances, elle se retrouve en tête des classements pour l’usage de cannabis, les alcoolisations aiguës et le tabagisme chez les adolescents.

Il faut donc partager ces données pour comprendre tout l’intérêt de ce slogan. Eviter à l’usager de s’enfoncer encore plus profondément dans l’ornière que creuse la répétition du cycle de la dépendance lui permet de préserver sa capacité d’agir et de faire des choix de vie différents. Elle ouvre des opportunités pour se relancer dans d’autres trajets de vie. Il s’agit alors de lui présenter une opportunité de faire un pas en avant, en acceptant de placer cette marche à une distance adaptée pour lui : entrer dans une salle de consommation, en intégrer les règles, en partager les obligations n’est pas une fin en soi, mais une étape dans le rétablissement d’une personne. Offrir un travail à la journée, à la demi-journée n’est pas privilégier quelques-uns aux dépends des autres, en dévalorisant le travail. Tout au contraire, c’est permettre d’en refaire l’expérience. Faire accéder à des hébergements des personnes en rupture n’est pas faciliter un abandon de toute volonté d’insertion, c’est rétablir le minimum nécessaire pour prendre soin de soi !

Supporter n’est donc pas laisser faire : rassurons celles et ceux qui font croire que ce slogan serait synonyme d’un abandon de toutes règles et contraintes. Il n’est pas question de cesser de pénaliser ce qui doit l’être : la violence vis-à-vis d’autrui, les vols, les troubles à l’ordre public et autres conduites qu’un usage irresponsable peut provoquer. Mais il est temps de comprendre qu’à ne vouloir que la solution pénale, nous nous privons d’autres actions qui, bien que ne visant pas un arrêt immédiat de l’usage, ciblent l’arrêt des dommages et abus qu’elles génèrent.

Soutenir quelqu’un pour faire un pas dans une direction commune est toujours mieux que se draper dans une exigence vaine.

Contacts presse
Jean-Pierre Couteron, Président de la Fédération Addiction
Nathalie LATOUR – Déléguée Générale
Tél. : 01 43 43 72 38 – 06.12.21.07.25
Email : infos@federationaddiction.fr

Téléchargez le CP du 26 juin 2013 au format PDF
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