Consultations Jeunes Consommateurs et EPIDE : vers la mise en place d’une stratégie d’intervention précoce

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En 2015-2016, sur l’ensemble de la métropole et sur les territoires d’Outre-Mer, 28 formations à l’intervention précoce (IP) ont permis de former plus de 500 professionnels répartis sur plus de 235 structures.

Les professionnels ayant assistés aux formations ont pu, développer une culture commune autour de l’intervention précoce, en identifier clairement les enjeux et renforcer leurs compétences afin de faciliter la mise en œuvre d’une stratégie d’action.  Ces formations ont également été l’occasion d’identifier leurs besoins et attentes dans le but de proposer des actions complémentaires qui permettront aux CJC de s’engager pleinement dans le déploiement d’une stratégie d’intervention précoce.

Ainsi dans l’objectif de maintenir la dynamique impulsée ces dernières années et afin de combler les besoins des professionnels, la Fédération Addiction a défini de nouvelles actions pour les années 2017-2018 :

  • L’organisation de séminaires régionaux à destination des directions et chefs de service des CSAPA gérant les CJC, de même qu’aux ARS.
  • L’élaboration d’un programme de formation « Intervention précoce niveau 2 », elles permettront de poursuivre la montée en compétences des professionnels de CJC en abordant plus concrètement la question du déploiement de la méthodologie de l’IP.
  • La réalisation d’un document « l’IP en pratique ». Ce document qui prendra la forme d’un 4 pages (format flyer) aura pour objectif d’expliquer très factuellement ce qu’est l’intervention précoce.

L’EPIDE, un laboratoire pour l’application de l’intervention précoce

Depuis maintenant un an, l’EPIDE et la Fédération Addiction travaillent côte à côte pour déployer la stratégie d’intervention précoce. L’idée est de déployer une expérimentation via des sites pilotes en s’appuyant sur l’expertise et les compétences des CJC (consultations jeunes consommateurs).

Déployer l’intervention précoce à l’EPIDE est aussi intéressant de par le public que l’établissement accompagne, des jeunes entre 18 et 25 ans, en échec scolaire et sans emploi. « Les volontaires les plus jeunes ont l’âge où les premières expérimentations débutent, les plus âgés celui où les usages problématiques commencent à s’installer » note-t-elle.

« L’EPIDE est un formidable laboratoire pour le déploiement de la stratégie d’intervention précoce. Nous espérons avoir un impact positif sur les parcours de vie des jeunes » Nathalie Latour, déléguée générale de la Fédération addiction.

Pour mettre en œuvre cette stratégie, les infirmiers et les chargés d’accompagnement social de tous les centres EPIDE ont été formés par la Fédération Addiction en novembre dernier. Parmi eux, Christine Dieu, infirmière à Combrée : « Nous avons pu échanger entre collègues sur les problématiques liées aux addictions dans les centres et constater des perceptions et des pratiques différentes ». Mais la formation a surtout permis de « comprendre comment nous pouvions appliquer la stratégie d’intervention précoce sur le terrain, en impliquant le collectif du centre » explique-t-elle. « Cette  formation nous a permis d’appréhender différemment les jeunes consommateurs et d’avoir un modèle commun et cohérent d’accompagnement » poursuit Christine Dieu.

S’il focalise l’attention des professionnels des centres parce qu’il est illicite, le cannabis n’est pas le seul produit induisant une addiction. C’est donc une approche globale de la lutte contre les addictions qui est promue par l’EPIDE. Pour Christine Dieu, « Si les usages réguliers de cannabis sont, parmi les volontaires comme en population générale, courants, les usages problématiques de cannabis sont plus rares. Les cas présentant réellement des risques sont donc faibles » nuance ainsi Christine Dieu. « Aujourd’hui, la réelle problématique de santé demeure le tabac, auquel l’addiction est très fréquente », précise-t-elle. « L’addiction au téléphone qui entraine un manque de sommeil et de concentration, est également emblématique de notre société addictogène » regrette enfin Christine Dieu.

 

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