Bientôt un nouveau test expérimenté pour repérer le cannabis au volant

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feu-vertLe délégué interministériel à la sécurité routière Jean-Robert Lopez a annoncé, dans une interview au groupe de quotidiens régionaux Ebra, que les forces de l’ordre testeront à partir de cet automne dans plusieurs départements le « deuxième test salivaire » dédié au repérage de la consommation de cannabis des conducteurs automobiles. Actuellement, un premier test salivaire est effectué et lu sur place au moment de l’arrestation, et lorsque celui-ci est positif, les forces de l’ordre doivent accompagner l’usager en milieu hospitalier pour une analyse sanguine. L’expérimentation, prévue par le Plan gouvernemental de lutte contre les drogues et les conduites addictives 2013-2017, remplacerait cette analyse sanguine par un test salivaire dont les résultats seraient validés par un laboratoire, simplifiant le travail des forces de l’ordre en évitant l’accompagnement à l’hôpital.

Les modalités précises de la procédure restent toutefois à préciser, comme le déroulement de la transmission et de la validation du test par les laboratoires. Le test lui-même est en cours de mise au point : rappelons qu’une polémique avait eu lieu en début d’année suite à la mise en vente de tests de dépistage du cannabis dans les bureaux de tabac, dont la validité et l’efficacité étaient sujettes à caution (lire à ce sujet l’article de Jean-Pierre Couteron et Pierre Chappard sur le blog Un Monde 100 drogues). L’imprécision de la communication institutionnelle autour de ce deuxième test salivaire semble d’ailleurs avoir favorisé des confusions avec cet épisode.

On peut enfin se demander si ce test assurera une distinction claire entre « avoir fait usage » ou « être sous l’effet » de cannabis, c’est-à-dire s’ils seront un vrai moyen d’améliorer la sécurité routière en sanctionnant la conduite sous effet, ou s’ils seront un nouvel épisode de la pénalisation de l’usage simple. Rappelons qu’un automobiliste présentant des traces de THC est passible de 4 500 euros d’amende, d’un retrait de six points de son permis et de deux ans d’emprisonnement.