Le Baclofène autorisé pour trois ans dans le traitement de l’alcoolo-dépendance

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logo-ansmEstimant que le traitement de l’alcoolisme constitue un enjeu majeur de santé publique, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a suivi l’avis de sa commission d’évaluation initiale publié en juillet 2013 et élaboré une RTU (recommandation temporaire d’utilisation) du Baclofène, qui était prescrit depuis 40 ans dans le traitement de la spasticité musculaire. Les médecins qui prescrivent ce médicament seront donc désormais accompagnés.

>> Consultez les recommandations temporaires d’utilisation sur le site de l’ANSM

L’ANSM indique le Baclofène dans deux cas : la diminution de la consommation et le maintien de l’abstinence après l’obtention du sevrage, s’il y a eu échec des traitements déjà autorisés. La prescription est autorisée pour tous les médecins ; l’ANSM réaffirme l’importance du suivi psycho-social et de l’expérience du médecin en matière d’alcoolisme. Les patients déjà sous baclofène pourront continuer d’être traités.

La Fédération Addiction travaille sur ce sujet depuis plusieurs années. Elle a fait paraître en octobre 2012 un Supplément technique, qui explique le fonctionnement de la molécule sur le cerveau et dresse une liste de constats issus des études et expérimentations en cours. Ce supplément a été complété en décembre 2012 par les résultats d’une étude sur la prescription en post-sevrage, dans le cadre d’une prise en charge médico-psycho-sociale, qui tend à montrer que le Baclofène permet de ne plus être dans un besoin irrépressible (craving) mais dans l’envie de consommer, ce qui introduit la notion de choix et aide l’usager à (ré)investir ses actes et ses soins.

Le 16 janvier 2014, lors d’une table ronde au Conseil économique, social et environnemental (CESE) sur le parcours de soins de la personne malade de l’alcool, Jean-Michel Delile, vice-président de la Fédération et directeur du CEID à Bordeaux, était revenu sur l’importance du Baclofène, qui a incité de nombreux patients à demander le médicament à leur médecin, leur permettant d’entrer dans un processus de soin. Ce médicament semble favoriser l’alliance thérapeutique et remet en question l’abstinence comme modèle unique de soin des alcoolo-dépendants, la gestion contrôlée des consommations devenant une possibilité dans le panel des réponses possibles.