Chemsex : un futur projet avec AIDES pour un accompagnement amélioré

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Alors que les pouvoirs publics se saisissent enfin de la question du chemsex, AIDES et la Fédération Addiction proposent le projet ARPA-Chemsex ou « Accompagnement en réseau pluridisciplinaire amélioré ». Ce projet, s’il est validé, visera à améliorer l’offre pluridisciplinaire de prévention sexuelle et de réduction des risques en direction des chemsexeurs.

Le chemsex désigne l’usage de produits psychoactifs en contexte sexuel. Cette pratique, en développement depuis cinq ans, a de nombreuses conséquences sur la santé somatique et psychique et sur la vie affective, sociale et économique des usagers. Le 7 septembre 2021, le ministre des Solidarités et de la Santé a confié au professeur Amine Benyamina une mission sur le chemsex. En parallèle, la ville de Paris s’est également saisie du sujet à travers la réalisation d’un état des lieux sur le territoire parisien.

Ces initiatives sont une bonne nouvelle dans un contexte où les besoins d’accompagnement sont importants et en augmentation depuis les restrictions sanitaires. Face à ce constat, AIDES et la Fédération Addiction, qui travaillent ensemble depuis quelques années, viennent de déposer un projet conjoint dans le cadre du Fonds de lutte contre les addictions : le projet ARPA-Chemsex ou « Accompagnement en réseau pluridisciplinaire amélioré ».

ARPA-Chemsex : allier approches médico-psycho-sociale et communautaire

Le projet ARPA-Chemsex est issu d’une réflexion datant de plus d’un an et demi et a été modélisé grâce à la mobilisation, entre mars et juillet 2021, de deux groupes de travail (intervenants et chemsexeurs) et avec l’appui d’un Comité de pilotage.

Il poursuit trois objectifs :

  • modéliser un parcours de prise en charge pluridisciplinaire spécifique et adapté aux besoins des chemsexeurs accueillis ;
  • outiller les professionnels (addictologie, santé communautaire, premier recours) et renforcer leurs compétences ;
  • proposer une offre réelle en intervention brève et précoce pour réduire le faible recours aux structures par les chemsexeurs isolés.

Ce projet s’appuiera sur des structures des deux secteurs travaillant actuellement en partenariat à Paris, Bordeaux et Marseille ainsi que sur de nouvelles structures situées dans 3 villes sélectionnées après un appel à candidatures. Elles expérimenteront la mise en place ou le renforcement d’une offre pluridisciplinaire en direction des chemsexeurs.

Plusieurs livrables sont attendus :

  • un guide d’accompagnement à la mise en place d’une offre pluridisciplinaire ;
  • la mise en place d’un groupe Facebook privé à destination des intervenants ;
  • la désignation dans chaque région d’une personne ressource sur le chemsex, pouvant mettre en lien les professionnels ;
  • l’organisation d’une journée nationale.

Vers une dynamique positive dans les réponses aux chemsex

Le projet ARPA-Chemsex s’inscrit dans la dynamique positive que vient souligner la mission confiée à Amine Benyamina. Celle-ci devra quantifier et qualifier :

  • les personnes concernées,
  • les produits psychoactifs consommés,
  • les dommages sur la santé physiologique, mentale et sexuelle.

Cette mission s’intéressera aussi aux interactions entre substances psychoactives et traitements antirétroviraux (comme la PrEP par exemple). Il s’agira de proposer une stratégie de réduction des risques et des dommages et de prévention, de prise en charge et de suivi des patients. Les conclusions de la mission doivent être rendues au plus tard le 30 novembre 2021.

💡 Pour plus d’informations : vous pouvez contacter Jonathan Rayneau, chargé de projets à la Fédération Addiction j.rayneau@federationaddiction.fr

💡 Chez Aides : Fred Bladou, chargé de mission : fbladou@aides.org