Annonce du nouveau Plan national anti-stupéfiants à Marseille

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Le gouvernement vient d’annoncer les 55 mesures de son plan de lutte contre les stupéfiants, fondé sur la coopération des acteurs de la répression des trafics.

Les priorités du plan

Ce plan mise sur la coordination des acteurs de la sécurité et de la justice, mettant en place un nouvel organisme de coopération (l’OFAST) pour remplacer l’organisme existant (Octris), dans le but de mieux coordonner les services qui luttent contre les stupéfiants – police y compris du quotidien, sûreté départementale, douanes, gendarmerie et magistrats, et de mieux partager les informations.

Placé sous le contrôle de Matignon, ce nouvel organisme interministériel devra permettre le décloisonnement des ministères et services de l’intérieur et de la justice, afin de renforcer la répression des trafics en fluidifiant l’information et l’action concertée sur le terrain via les cellules de renseignement opérationnel sur les stupéfiants (CROSS) créées en Juin.

Il vise à généraliser la méthode dite du « pilotage renforcé » expérimenté à Marseille depuis 2015, avec une amélioration de la centralisation des actions.

Un accueil peu optimiste

Ce nouveau plan s’inscrit dans la ligne d’un demi siècle de répression en France, régit et organisé par une succession de stratégies n’ayant pas réussi à avoir d’impact sur un marché qui comptait en 2018, le chiffres d’affaires record de 3.5 Milliards d’Euros(1) juste pour l’hexagone.

Avec ces 55 mesures, le gouvernement ne semble pas vouloir tenir compte ni du constat de plus en plus partagé de l’échec de cette politique scindant répression (70%* du budget alloué aux drogues) et prévention (10%* de ce même budget), ni de l’essor unanimement reconnu des reventes autant que de la consommation de produits stupéfiants, ni encore de la régulation d’un phénomène dont le coût social est estimé à plus de 8 milliards d’euros(2), devenu le premier vecteur de revenus des territoires les plus frappés par l’inégalité socio-économique.

Ainsi, ce nouveau plan qui poursuit la même logique n’a pas rencontré un accueil particulièrement optimiste de la part des forces de l’ordre qui devant l’ampleur du phénomène, ne peuvent pas être les seuls responsables de la réponse.

D’autres propositions pourtant sur la table

Il existe pourtant de nombreuses autres propositions, notamment celles portées par le Collectif interassociatif à l’origine du Livre Blanc sur l’extension de l’amende délictuelle forfaitaire, ainsi que celles proposées par les élus locaux Forum Français de Sécurité Urbaine et soutenues par la Fédération Addiction dans son Livre Blanc, et des propositions du même forum pour la réforme de la stratégie de prévention de la délinquance.

Présenté au cœur des quartiers nord de Marseille qui viennent de connaître de nouvelles semaine de violence, ce plan refuse de tourner la page d’un demi-siècle de répression inefficace, au détriment d’une politique innovante, ambitieuse, de régulation économique et sociale pour l’avenir.

Les propositions alternatives à la répression

La revue de presse sur l’annonce du plan – 17 septembre matin

 

 

*source = Observatoire Français des Drogues et Toxicomanies (OFDT)

(1) source = Service d’information, de renseignement et d’analyse stratégique sur la criminalité organisée (Sirasco)

(2) source = Kopp Pierre, « le coût social des drogues en France », rapport pour l’OFDT, décembre 2015