Communauté thérapeutique pour femmes et femmes avec enfants

Type d'action :

Début de l'action :

04 Jan 2012

Mots-clés :

Action collective

Objectifs de l'action :

Le dispositif dédié, de type communautaire, a pour objectif :
* de proposer du soin résidentiel aux femmes
* d’accompagner des consommatrices vers l’abstinence en tenant compte de leur environnement
* de proposer une démarche communautaire et participative, pour développer l’empowerment
Les femmes se sentent souvent isolées dans les structures fréquentées par les hommes ; elles sont plus vulnérables aux risques générés par la consommation, aux risques sexuels et à la violence.

Descriptif de l'action :

Naissance du projet
Le projet est né du constat de l’absence d’offre résidentielle destinées aux femmes en situation d’addiction avec ou sans enfants en Guyane. Les personnes sont orientées vers des dispositifs des Antilles ou de métropole. Comme les femmes ne viennent pas dans les structures si elles ne peuvent venir avec leurs enfants (le taux de natalité est important en Guyane ; il n’est pas rare qu’une femme ait 8 enfants), le projet a d’emblée inclus une proposition d’accueil des enfants. Le plan addictologie 2008-2011 et l’appel à projet de la Mildt ont été l’occasion de réfléchir et de formaliser les choses.
Des travaux de construction des locaux de la communauté sont en cours. En attendant, la communauté a été ouverte à Saint-Laurent du Maroni et propose un accueil en ambulatoire (une quinzaine de femmes dans la file active) et un hébergement pour 4 personnes maximum dans des appartements loués en ville.
Public accueilli
Il s’agit de femmes issues des différentes communautés présentes en Guyane ou issues des flux migratoires ; elles sont concernées par la consommation d’alcool et de cocaïne/crack, puis de cannabis. Très peu de femmes accueillies parlent le français et elles ne parlent pas toutes la même langue : cela nécessite un travail spécifique pour réussir à communiquer au sein de la communauté.
Les personnes accueillies doivent être dans une démarche de changement. La procédure d’admission comprend des entretiens psychologiques, médicaux et éducatifs pour faire un bilan, et les nouvelles « candidatures » sont discutées avec le groupe d’usagères. Les personnes viennent ensuite faire une semaine « d’essai » pour voir si le dispositif peut leur permettre d’atteindre leurs objectifs.
Fonctionnement
L’accompagnement est prévu pour 18 mois maximum.
Il est basé un système communautaire, où la participation des usagères est le cœur du dispositif. Le groupe est le support du soin et de la construction du projet, via un conseil communautaire pour gérer la structure, la participation à l’accueil des nouvelles arrivées, les décisions d’ajustement ou d’exclusion. Les usagères élaborent et animent des activités en binôme avec un professionnel, en fonction de leurs compétences et de leurs besoins.
Des ateliers sont proposés : apprentissage du français et insertion professionnelle, soin de soi. Un groupe de parole thérapeutique basé, notamment, sur un outil de photolangage, animé par la psychologue, permet les échanges au-delà de la barrière de la langue. C’est l’occasion de travailler sur le vécu, les émotions.
Le règlement n’impose pas d’obligation d’abstinence, mais une interdiction de consommer dans le logement et l’obligation de parler des consommations au groupe ou à titre individuel ; l’objectif est de soutenir les personnes au moment où elles ont envie de consommer, de leur permettre de développer leurs propres ressources.
Les professionnels et les usagères bénéficient de formations.

Retours sur expérience :

Points positifs
La structure a connu une montée en charge plus rapide que prévue, avec une présence sur les groupes proche de 100%. La solidarité se développe entre les usagères, qui se voient aussi en-dehors du cadre de la structure. Le nombre de demandes au csapa a augmenté. Les usagères se sentent très impliquées dans le projet : elles souhaitent aller voir le futur lieu de la communauté. Il semble que la forme communauté thérapeutique réponde à la demande de vie collective des femmes, car elle correspond à la vie communautaire dont elles ont l’habitude dans leurs villages.
Points de vigilance
Il s’agit de trouver un équilibre entre un fonctionnement communautaire et les normes imposées au secteur médico-social. Autre difficulté : gérer les problématiques d’usagères sans titres de séjour. Les ruptures de sécurité sociale sont un problème fréquent, qui nécessite une sollicitation permanente de l’administration, sans garantie de résultat.
Enfin, la vie dans la structure reflète la multitude de communautés guyanaises qui n’ont pas la même langue, les mêmes références culturelles, les mêmes modes de vie : les professionnels sont métropolitains et ne parlent pas langue véhiculaire, les femmes ont leurs langues régionales propres et sont issues de courants migratoires variés (créole, anglais, espagnol, chinois, hindou…). Cette situation nécessite d’être créatif, de s’appuyer sur les ressources propres des usagères.

Lieu :

Dans le csapa pour l’accueil ambulatoire et dans des appartements pour le soin résidentiel

Partenariats :

La structure travaille avec l’aide sociale à l’enfance et la PJJ dans la mesure où les enfants des femmes accueillies sont souvent placés. Il s’agit de rétablir ou faciliter le droit de visite, la parentalité. A plus long terme quand l’hébergement collectif sera ouvert, des transferts de placements pourront être envisagés afin que les enfants soient auprès des mamans dans l’établissement. Akati’j collabore aussi avec la protection maternelle infantile, qui fait des interventions auprès des femmes sur la contraception, l’accueil du petit enfant. Elle coopère avec l’association Aides, qui gère des appartements thérapeutiques pour personnes séropositives.
En octobre 2012, une réunion d’information avec tous les partenaires (acteurs médico-sociaux de l’ouest du territoire) a eu lieu pour présenter la communauté thérapeutique.

Financement(s) alloué(s):

Pas de financement spécifique, le financement du dispositif est intégré à l’Ondam.

Qui contacter pour en savoir plus ?



Qui porte l'action ?

Communauté Thérapeutique Akati’j

Type d'établissement :

Type d'environnement :



Mission et services :

L’association Akati’j gère trois autres structures en addictologie: un caarud et un csapa à Kourou, un csapa à Saint-Laurent du Maroni. Un caarud géré par l’association INPACT existe à Saint-Laurent. Une seule consultation jeunes consommateurs a été mise en place sur le territoire guyanais, à Cayenne.

Contact :

Adresse :

35 rue Justin Catayee - 97320 Saint Laurent du Maroni   

Région :


tel05 94 27 94 72
fax05 94 32 71 15